S’installer à Monaco
Destination francophone
Monaco est une principauté souveraine de 2,08 km² sur la côte méditerranéenne, bordée sur trois côtés par la France. La Principauté compte 38 857 résidents au 31 décembre 2025, 144 nationalités et 65 117 salariés en 2025, dont 87,4 % ne résident pas sur place. Le secteur tertiaire représente 86,4 % de l’emploi privé, et les activités que l’on associe le plus à la Principauté s’inscrivent dans cette part : banque privée et gestion de patrimoine, immobilier de luxe, yachting, hôtellerie et grands événements sportifs. La Principauté ne prélève pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, une absence qui remonte à 1869, avec une exception attachée à la nationalité française exposée plus bas.
Mais travailler à Monaco ne se résume pas à son cadre fiscal. La Principauté a une culture professionnelle distincte de celle du pays qui l’entoure, forgée par l’héritage aristocratique, la concentration de grandes fortunes et un réseau social extrêmement dense. La discrétion est la vertu cardinale, le networking est un outil de travail quotidien, et la formalité dans les échanges professionnels est la norme. Ici, la réputation circule vite dans des cercles professionnels de petite taille.
Ce guide décrypte les dimensions structurantes de la culture professionnelle pour réussir votre intégration à Monaco, avec des exemples concrets et des repères adaptés à ce marché. Les sujets réglementés y sont présentés comme des cadres généraux, jamais comme un conseil personnalisé.
Vivre et travailler à Monaco
Avant les codes culturels, voici les repères concrets d’une installation à Monaco. Quelle formalité d’entrée s’applique selon la nationalité, et quelle carte de séjour ensuite. Comment un emploi privé est autorisé, et dans quel ordre de priorité. Ce que la Principauté prélève, ce que coûtent les logements, et où habitent les personnes qui travaillent à Monaco.
1. Les règles d’entrée et les courts séjours
L’essentiel
- Pour un séjour de moins de trois mois, les ressortissants étrangers doivent être munis d’un passeport et, selon la nationalité, d’un visa. Monaco n’est pas membre de l’Union européenne, et la formalité à vérifier est celle de l’entrée sur le territoire français et dans l’espace Schengen.
- Les ressortissants de l’Espace Économique Européen et des États associés n’ont pas de visa à demander, un passeport ou une carte d’identité en cours de validité suffisant.
- Hors Espace Économique Européen et États associés, la nationalité détermine la formalité. Certaines nationalités sont exemptées de visa pour un séjour de moins de 90 jours, limite aussi énoncée comme 90 jours au plus sur toute période de 180 jours. Les autres relèvent d’un visa d’entrée dans l’espace Schengen, même pour une courte visite, demandé auprès de l’ambassade du pays de l’espace Schengen qui sera la porte d’entrée du séjour en Europe, et une fois ce visa obtenu la visite de la Principauté s’effectue sans aucune autre formalité.
- Un séjour de plus de trois mois par an, ou l’établissement d’une résidence en Principauté, relève de la carte de séjour monégasque, demandée à partir de 16 ans.
- Un court séjour n’ouvre aucun droit au travail. L’emploi privé à Monaco suppose, pour tout étranger, un permis de travail, autorisation distincte du visa et de la carte de séjour, sans que l’entrée elle-même en dépende.
- Depuis le 10 avril 2026, les entrées et les sorties des ressortissants de pays tiers effectuant un court séjour sont enregistrées électroniquement à la frontière extérieure, au lieu d’être constatées par un cachet apposé sur le passeport. L’autorisation de voyage annoncée pour les ressortissants de pays tiers exemptés de visa n’est pas en service, son démarrage étant annoncé pour le dernier trimestre de 2026. Les ressortissants monégasques ne relèvent ni de cet enregistrement ni de cette autorisation.
Le détail des textes et des sources
Le Gouvernement princier énonce la règle du court séjour sans détour : pour séjourner en Principauté pour une période inférieure à trois mois, les ressortissants étrangers doivent être munis d’un passeport et, le cas échéant, d’un visa nécessaires à l’entrée sur le territoire français. Monaco n’est pas membre de l’Union européenne, et son administration fiscale décrit la Principauté comme un État tiers par rapport à l’Union européenne, mais pour un voyageur la conséquence pratique est que la formalité à vérifier est celle de l’entrée en France et dans l’espace Schengen. Trois bandes en découlent. Aucun visa n’est requis pour les ressortissants des pays de l’Espace Économique Européen et d’États associés, qui doivent simplement être munis d’un passeport ou d’une carte d’identité en cours de validité. Les deux listes que publie le Gouvernement princier ne se recouvrent pas : celle de la page « Séjourner à Monaco », mise à jour le 3 mars 2023 et intitulée « Espace Économique Européen et États associés », nomme Andorre, l’État de la Cité du Vatican, Saint-Marin et la Suisse, nomme le Royaume-Uni avec l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et Gibraltar, et ne nomme pas la Croatie ; celle de la page « Demander une carte de séjour », mise à jour le 26 mai 2025 et intitulée « Espace Économique Européen et pays tiers », nomme la Croatie et Gibraltar séparément, ne nomme pas le Royaume-Uni, et renvoie les ressortissants britanniques vers la procédure des pays tiers depuis le 1er janvier 2021. La France figure sur les deux listes. Les ressortissants de pays extérieurs à l’Espace Économique Européen doivent, eux, être en possession d’un passeport en cours de validité et d’un visa d’entrée dans l’espace Schengen, la demande étant effectuée auprès de l’ambassade du pays de l’espace Schengen qui sera la porte d’entrée du séjour en Europe, et une fois le visa obtenu la visite de la Principauté s’effectue sans aucune autre formalité. Le Gouvernement princier ajoute que, pour les séjours inférieurs à 90 jours, certaines nationalités sont exemptées de visa. Le règlement (UE) 2018/1806 énumère ces nationalités à son annexe II, dont l’intitulé vise les séjours dont la durée n’excède pas 90 jours sur toute période de 180 jours et où figurent notamment l’Australie, le Brésil, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, à l’exclusion des ressortissants britanniques visés dans la partie 3 de cette annexe, et les États-Unis, tandis que l’annexe I du même règlement soumet à l’obligation de visa les ressortissants de pays parmi lesquels la Chine, l’Inde, le Nigeria, les Philippines, la Turquie, le Viêt Nam et l’Afrique du Sud.
Deux règles valent dans toutes les bandes. Un court séjour n’ouvre aucun droit au travail : aux termes de l’article 1er de la loi n° 629 du 17 juillet 1957, aucun étranger ne peut occuper un emploi privé à Monaco s’il n’est titulaire d’un permis de travail, autorisation distincte décrite plus bas. Et toute personne âgée d’au moins 16 ans désirant séjourner à Monaco plus de trois mois par an, ou désirant y établir sa résidence, doit faire une demande de carte de séjour auprès des autorités monégasques. La formalité de frontière, elle, a changé. La Commission européenne indique que le système d’entrée/de sortie est devenu pleinement opérationnel le 10 avril 2026, après un démarrage progressif lancé le 12 octobre 2025, et que depuis cette date il remplace l’apposition de cachets sur les passeports. Les entrées et les sorties des ressortissants de pays tiers effectuant un court séjour y sont donc enregistrées électroniquement à la frontière extérieure au lieu d’être constatées par un cachet. L’ETIAS, l’autorisation de voyage annoncée pour les ressortissants de pays tiers exemptés de visa, n’est pas en service : le même site indique qu’il débutera ses activités au cours du dernier trimestre de 2026, sans donner de date. Ni l’un ni l’autre ne vise les ressortissants monégasques, que ce site range parmi les personnes auxquelles l’EES ne s’applique pas et parmi celles qui n’ont pas à demander d’autorisation ETIAS. Les points de passage frontaliers situés en Principauté, l’héliport de Monaco et le port de la Condamine, sont notifiés par la France dans la liste publiée au Journal officiel de l’Union européenne.
Cette information est fournie à titre éducatif et factuel et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Les règles d’entrée, de visa et de séjour sont appliquées par les autorités monégasques et françaises compétentes. Pour toute décision personnelle, consultez un professionnel qualifié : avocat fiscaliste, expert-comptable, notaire, ou conseil en immigration selon la nature de votre situation.
2. Les cartes de séjour et l’étape du visa d’établissement pour les ressortissants hors de la liste publiée
L’essentiel
- La carte de séjour concerne toute personne d’au moins 16 ans qui souhaite séjourner à Monaco plus de trois mois par an ou y établir sa résidence. Elle n’est pas délivrée aux mineurs de moins de 16 ans, pour lesquels un document de circulation pour étranger mineur peut être délivré afin de faciliter les déplacements à l’étranger.
- La voie d’accès dépend de la nationalité. Le ressortissant d’un pays figurant sur la liste publiée, où figure la France, s’adresse directement aux autorités monégasques et n’a aucun document à fournir au stade du visa. Le ressortissant d’un pays qui n’y figure pas demande d’abord un visa d’établissement de type D pour Monaco auprès du consulat de France le plus proche de son dernier domicile, ce visa étant obligatoire pour pouvoir déposer un dossier de demande de carte de résident ; les ressortissants britanniques relèvent de cette voie depuis le 1er janvier 2021, et il n’existe pas de statut dérogatoire pour les parents et alliés d’un ressortissant britannique titulaire d’une carte de séjour en cours de validité, ceux-ci étant également assujettis à la procédure de visa d’établissement. Celui qui est établi en France depuis plus d’un an sollicite à la place un transfert de résidence auprès de l’Ambassade de France à Monaco, et l’étranger déjà présent en Principauté et y disposant d’un logement peut, à titre exceptionnel, solliciter du Département de l’Intérieur l’autorisation d’effectuer ces démarches directement auprès de cette ambassade.
- Le dossier est déposé auprès de la Section des Résidents de la Direction de la Sûreté Publique, 9 rue Suffren-Reymond à Monaco, par voie dématérialisée, sur place ou par voie postale à cette adresse. En ligne, un dossier déclaré recevable donne lieu à un rendez-vous d’entretien individuel auquel le dossier complet est présenté en pièces originales, puis, après enquête et si le dossier est accepté, à un second rendez-vous d’enrôlement et de remise de carte. Sur place, le rendez-vous n’est fixé que sur présentation d’un dossier complet ; par voie postale, le demandeur est joint par téléphone à l’issue de l’analyse de son dossier pour convenir d’un entretien.
- Trois éléments sont justifiés dans tous les cas : un logement à Monaco de taille adaptée au besoin des personnes y résidant, en étant propriétaire, administrateur ou porteur de parts d’une société propriétaire d’un logement, locataire, ou hébergé par un proche parent, votre conjoint ou la personne avec laquelle vous vivez en couple ; des ressources financières suffisantes, aucun montant plancher n’étant publié, sous forme de salaire, de revenus professionnels tirés d’une activité commerciale indépendante ou exercée par l’intermédiaire d’une société, d’une épargne dont le caractère suffisant dépend de l’établissement bancaire de Monaco qui fournit l’attestation, ou d’une prise en charge par un parent, votre conjoint ou la personne avec laquelle vous vivez en couple ; la bonne moralité, par un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois ou équivalent émanant des autorités des pays où vous avez résidé sur les cinq dernières années avant l’arrivée à Monaco. Le demandeur salarié à Monaco y ajoute une attestation du Service de l’Emploi autorisant le travail à Monaco. Les documents rédigés dans une autre langue que le français, l’anglais ou l’italien sont accompagnés d’une traduction assermentée, et tout autre justificatif peut être demandé.
- Quatre catégories de cartes peuvent être délivrées aux étrangers de plus de 16 ans : la carte temporaire, sans condition d’ancienneté de résidence et donc accessible aux primo-résidents, valable 1 an, 80 EUR pour une première carte et 40 EUR pour un renouvellement ; la carte ordinaire, après 3 ans de résidence, valable 3 ans, 100 EUR puis 50 EUR ; la carte privilégiée, après 10 ans de résidence et présence effective sur le territoire monégasque, l’ancienneté de 10 ans pouvant être réduite à 1 an dans des cas particuliers non énumérés, valable 10 ans, 160 EUR puis 80 EUR ; la carte de conjoint d’une personne de nationalité monégasque, pour l’étranger résidant en Principauté depuis au moins 1 an, valable 5 ans, 80 EUR puis 40 EUR. S’y ajoutent, pour toutes les cartes, 50 EUR pour un renouvellement tardif, 80 EUR pour un duplicata et 30 EUR à la suite d’un changement d’état civil, de situation familiale ou d’adresse.
- La carte de séjour permet à son titulaire ressortissant d’un État tiers à l’Espace économique européen et muni d’un passeport en cours de validité d’entrer, de sortir et de circuler au sein de l’espace Schengen sans avoir à solliciter de visa de court séjour. Au départ de la Principauté, l’étranger restitue son titre huit jours avant son départ et reçoit une attestation justifiant de son séjour à Monaco, en un seul exemplaire, qui peut être utile pour des formalités douanières, bancaires, consulaires ou administratives. Les cartes périmées et celles détenues par des étrangers qui ne remplissent plus les conditions requises sont sans valeur et sont retirées à leurs détenteurs. Aucun délai d’instruction n’est publié.
Le détail des textes et des sources
Le seuil est fixé par les autorités monégasques : toute personne âgée d’au moins 16 ans, désirant séjourner à Monaco plus de trois mois par an ou désirant y établir sa résidence, doit faire une demande de carte de séjour. La carte n’est pas délivrée aux mineurs de moins de 16 ans ; pour faciliter les déplacements à l’étranger, un Document de Circulation pour Étranger Mineur peut être délivré. La voie d’accès à la demande dépend de la nationalité, et c’est ici que le passage par la France est une règle monégasque et non une hypothèse de lecteur français. Le ressortissant d’un pays de la liste « Espace Économique Européen et pays tiers » publiée par la fiche de démarche, où figure la France, s’adresse directement aux autorités monégasques et n’a aucun document à fournir à ce stade. Le ressortissant d’un pays qui ne figure pas sur cette liste doit présenter une demande de visa d’établissement, de type D, pour Monaco auprès du consulat de France le plus proche de son dernier domicile, la fiche précisant que le visa est obligatoire pour pouvoir déposer un dossier de demande de carte de résident. Celui qui est établi en France depuis plus d’un an sollicite à la place un transfert de résidence auprès de l’Ambassade de France à Monaco. Exceptionnellement, les étrangers se trouvant déjà en Principauté et y disposant d’un logement peuvent solliciter du Département de l’Intérieur l’autorisation d’entreprendre ces démarches directement auprès de l’Ambassade de France à Monaco, au titre de l’article 5 de la Convention Franco Monégasque de voisinage. Les ressortissants britanniques relèvent de la procédure des pays tiers depuis le 1er janvier 2021, et la fiche ajoute qu’il n’existe pas de statut dérogatoire pour les parents ou pour les alliés d’un ressortissant britannique titulaire d’une carte de séjour monégasque en cours de validité, ceux-ci étant également assujettis à la procédure de visa d’établissement.
Le dossier est déposé auprès de la Section des Résidents de la Division de Police Administrative de la Direction de la Sûreté Publique, 9 rue Suffren-Reymond à Monaco, par voie dématérialisée, sur place, ou par voie postale à cette adresse. Par la voie en ligne, un dossier déclaré recevable donne lieu à un rendez-vous d’entretien individuel, auquel le dossier complet doit être présenté en pièces originales ; puis, après enquête et si le dossier est accepté, un second rendez-vous d’enrôlement et de remise de carte est fixé à l’initiative de la Section des résidents. Par la voie du dépôt sur place, le rendez-vous individuel n’est fixé que sur présentation d’un dossier complet ; par la voie postale, le demandeur est joint par téléphone à l’issue de l’analyse de son dossier pour convenir d’un rendez-vous d’entretien individuel. Dans tous les cas, trois éléments doivent être justifiés, et la fiche en donne les branches. Un logement à Monaco de taille adaptée au besoin des personnes y résidant, en étant propriétaire, administrateur ou porteur de parts d’une société propriétaire d’un logement, locataire, ou hébergé par un proche parent, votre conjoint ou la personne avec laquelle vous vivez en couple. Des ressources financières suffisantes, en disposant d’un salaire, de revenus professionnels tirés d’une activité commerciale indépendante ou exercée par l’intermédiaire d’une société, d’une épargne suffisante, la somme jugée suffisante dépendant de l’établissement bancaire de Monaco qui fournira une attestation, ou d’une prise en charge par un parent, votre conjoint ou la personne avec laquelle vous vivez en couple. Et sa bonne moralité, en fournissant un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois ou équivalent, émanant des autorités des pays où vous avez résidé sur les cinq dernières années, avant l’arrivée à Monaco, la fiche citant à titre d’exemples des documents italiens, allemands, britanniques et américains et laissant la liste ouverte. Si le demandeur est salarié à Monaco, le dossier comporte une attestation du Service de l’Emploi autorisant le travail à Monaco, qui prend selon le cas la forme d’une promesse d’embauche, d’une demande d’autorisation d’embauche, ou du permis de travail accompagné du dernier bulletin de salaire, la fiche ne fermant pas cette énumération ; la délivrance de ces documents est subordonnée au respect des dispositions légales en matière d’embauchage, la fiche citant la loi n° 629 du 17 juillet 1957. La traduction des documents écrits dans une autre langue que le français, l’anglais ou l’italien doit être fournie par une traduction assermentée. Les listes de pièces ne sont pas fermées : la fiche invite qui ne se reconnaît pas dans les cas énoncés, ou ne peut fournir une pièce, à s’adresser à la Section des résidents, et indique qu’au-delà des documents listés tout autre justificatif pourra être demandé.
Il existe à Monaco quatre catégories de cartes de séjour pouvant être délivrées aux étrangers âgés de plus de 16 ans. La carte « temporaire » peut être délivrée sans condition d’ancienneté de résidence, par conséquent aux primo-résidents ; elle est valable 1 an, et les droits de délivrance s’élèvent à 80 € pour une première carte et à 40 € pour un renouvellement. La carte « ordinaire » peut être délivrée aux personnes totalisant 3 ans de résidence ; elle est valable 3 ans, à 100 € puis 50 €. La carte « privilégié » peut être délivrée aux personnes totalisant 10 ans de résidence et dont la présence sur le territoire monégasque est effective, l’ancienneté de 10 ans nécessaire pouvant être réduite à 1 an dans des cas particuliers ; sa durée de validité est de 10 ans, à 160 € puis 80 €. La carte « conjoint de monégasque » peut être délivrée à tout étranger, conjoint d’une personne de nationalité monégasque et résidant en Principauté depuis au moins 1 an ; sa validité est de 5 ans, à 80 € puis 40 €. Trois droits s’appliquent à toutes les cartes : 50 € pour un renouvellement tardif, 80 € pour un duplicata et 30 € à la suite d’un changement d’état civil, de situation familiale ou d’adresse. La carte de séjour permet en outre à son titulaire, ressortissant d’un État tiers à l’Espace Économique Européen et muni d’un passeport en cours de validité, d’entrer, de sortir et de circuler au sein de l’espace Schengen sans avoir à solliciter de visa de court séjour. L’étranger qui quitte la Principauté doit restituer son titre de séjour huit jours avant son départ ; la Direction de la Sûreté Publique lui délivre alors une attestation justifiant de son séjour à Monaco, en un seul exemplaire, qui peut être utile pour des formalités douanières, bancaires, consulaires ou administratives. Les cartes périmées, et celles détenues par des étrangers ne remplissant plus les conditions prévues à l’article premier, sont sans valeur et sont retirées à leurs détenteurs.
Les listes de pièces, les modalités de prise de rendez-vous et les droits de délivrance sont administratifs et sont publiés par MonServicePublic, le portail du Gouvernement princier, qui est la référence pour l’état courant du dossier. Aucun délai d’instruction du dossier n’y est publié : les seules durées attachées au titre lui-même sont sa durée de validité et la restitution du titre huit jours avant le départ.
Cette information est fournie à titre éducatif et factuel et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Les dossiers de carte de séjour et de visa d’établissement sont instruits par les autorités monégasques et françaises compétentes. Pour toute décision personnelle, consultez un professionnel qualifié : avocat fiscaliste, expert-comptable, notaire, ou conseil en immigration selon la nature de votre situation.
3. Travailler à Monaco : le permis de travail et l’ordre de priorité d’embauche
L’essentiel
- Tout étranger occupant un emploi privé en Principauté est titulaire d’un permis de travail, qui mentionne la profession et n’en couvre aucune autre, quelles que soient la forme et la durée du contrat comme le montant et la nature de la rémunération. Tout changement d’employeur, de métier ou de profession donne lieu à une nouvelle demande de permis, tandis que l’instauration ou la cessation d’une activité de télétravail en cours de contrat donne lieu à une demande de modification du permis.
- Du côté de l’employeur, embaucher ou réembaucher un travailleur étranger suppose une autorisation écrite obtenue avant l’entrée en service, alors que l’embauche d’un travailleur de nationalité monégasque donne lieu à une simple déclaration écrite dès l’entrée en service. Les offres d’emploi, gens de maison compris, sont déclarées à la direction de la main-d’œuvre et des emplois, qui adresse un ou plusieurs candidats dans les quatre jours francs ; à défaut de présentation dans ce délai, l’employeur peut proposer un autre candidat, et une urgence reconnue par ce service ouvre, après accord préalable, une embauche pour une durée limitée.
- L’ordre de priorité à l’embauche ne joue qu’à défaut de travailleurs de nationalité monégasque, qui passent d’abord et hors de cet ordre. Parmi les seuls candidats possédant les aptitudes nécessaires à l’emploi, viennent alors d’abord les étrangers mariés à un Monégasque ou nés d’un auteur monégasque ou adoptés par lui, puis ceux liés à un Monégasque par un contrat de vie commune, puis le père ou la mère d’un enfant monégasque, sous les conditions propres à chacun de ces liens, puis les étrangers domiciliés à Monaco, puis ceux domiciliés dans les communes limitrophes qui sont autorisés à y travailler et ont déjà exercé une activité professionnelle à Monaco. Lorsqu’aucun candidat de nationalité monégasque ni d’aucune de ces catégories n’a été retenu par l’employeur, l’autorisation peut également être délivrée à des étrangers extérieurs à ces catégories.
- L’inscription comme demandeur d’emploi est ouverte notamment à quatre catégories : la nationalité monégasque, la qualité d’enfant ou de conjoint de Monégasque, le domicile en Principauté, et le domicile dans une commune limitrophe assorti d’un emploi déjà occupé à Monaco, cette dernière catégorie exigeant les deux conditions à la fois. Quatre communes limitrophes sont nommées : Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin.
- Les licenciements par suppression d’emploi ou compression de personnel se font, pour une catégorie professionnelle déterminée, dans l’ordre inverse, en commençant par les étrangers domiciliés hors de Monaco et des communes limitrophes et en remontant jusqu’aux travailleurs de nationalité monégasque, l’ancienneté dans l’entreprise étant prise en compte à l’intérieur de chacune de ces catégories. Pour le salarié qui travaille dans l’entreprise depuis deux ans au moins, une bonification d’un an par enfant à charge s’ajoute à cette ancienneté, dans la limite de cinq ans. Le salarié licencié pour suppression d’emploi ou compression de personnel bénéficie d’une priorité de réembauchage pendant six mois si l’employeur recrute dans la même catégorie professionnelle.
- L’emploi salarié, public et privé confondus, réunit 65 117 personnes en 2025, dont 5 393 dans le secteur public, et 87,4 % des salariés ne résident pas à Monaco. Le seul secteur privé compte 59 724 salariés en décembre 2025, en recul de 1,2 % sur un an et à 86,4 % dans le tertiaire ; sur l’ensemble des salariés, les Français représentent 62,5 %, les Italiens 14,0 % et les Monégasques 3,5 %.
Le détail des textes et des sources
L’article 1er de la loi n° 629 du 17 juillet 1957 tendant à réglementer les conditions d’embauchage et de licenciement en Principauté est catégorique : aucun étranger ne peut occuper un emploi privé à Monaco s’il n’est titulaire d’un permis de travail, et il ne pourra occuper d’emploi dans une profession autre que celle mentionnée par ce permis. Cette obligation est indépendante de la forme et de la durée du contrat de travail ainsi que du montant et de la nature de la rémunération. Tout changement d’employeur, de métier ou de profession devra faire l’objet d’une nouvelle demande de permis de travail. La demande mentionne, le cas échéant, l’exercice d’une activité de télétravail et les lieux où elle est exercée, et l’instauration ou la cessation d’une telle activité en cours d’exécution du contrat fait l’objet d’une demande de modification du permis. L’article 2 subordonne la délivrance du permis à l’avis du Directeur de la Sûreté Publique et à l’avis du Directeur de l’Office de la médecine du travail. Du côté de l’employeur, l’article 3 impose de déclarer toute offre d’emploi à la direction de la main-d’œuvre et des emplois, qui lui adresse dans les quatre jours francs de la déclaration le ou les candidats à l’emploi ; à défaut de présentation dans ce délai l’employeur peut proposer un autre candidat, et en cas d’urgence reconnue par ce service la procédure n’est pas suivie, l’employeur pouvant alors, après accord préalable, procéder pour une durée limitée à l’embauchage du personnel qui lui fait défaut, règle à laquelle l’embauchage des gens de maison est assujetti. L’article 4 impose à tout employeur qui entend embaucher ou réembaucher un travailleur de nationalité étrangère d’obtenir, préalablement à l’entrée en service de ce dernier, une autorisation écrite de la même direction, tandis que l’embauche d’un travailleur de nationalité monégasque donne lieu à une déclaration écrite dès l’entrée en service.
L’article 5 fixe ensuite l’ordre qui gouverne la délivrance de cette autorisation, et c’est la règle qui pèse le plus sur les perspectives d’un candidat étranger. Les travailleurs de nationalité monégasque passent d’abord : l’ordre ne joue que pour les candidats possédant les aptitudes nécessaires à l’emploi, et à défaut de travailleurs de nationalité monégasque. L’autorisation est alors délivrée selon l’ordre de priorité suivant : 1° étrangers mariés à une personne de nationalité monégasque ayant conservé sa nationalité et non légalement séparés, et étrangers nés d’un auteur monégasque ou adoptés par ce dernier ; 2° étrangers vivant en union libre mais dans les liens d’un contrat de vie commune avec un ou une Monégasque ayant conservé sa nationalité ; 3° étrangers, père ou mère d’un enfant de nationalité monégasque né d’un auteur monégasque ou adopté par ce dernier ; 4° étrangers domiciliés à Monaco ; 5° étrangers domiciliés dans les communes limitrophes, autorisés à y travailler, et ayant déjà exercé une activité professionnelle à Monaco. Lorsqu’aucun candidat de nationalité monégasque ou, à défaut, relevant d’une des autres catégories prévues au premier alinéa n’a été retenu par l’employeur, l’autorisation peut également être délivrée aux personnes étrangères non mentionnées au premier alinéa. L’inscription au Service de l’Emploi est une étape distincte, dont le second alinéa du même article 5 fixe la portée : les Monégasques et les personnes relevant des catégories visées au premier alinéa peuvent s’inscrire au Service de l’Emploi selon les modalités prévues par arrêté ministériel. La fiche de démarche du Service de l’Emploi publie, pour sa part, sa propre liste de quatre catégories de demandeurs d’emploi admis à s’inscrire : être de nationalité monégasque, être enfant ou conjoint de Monégasque, être domicilié en Principauté, ou être domicilié dans les communes limitrophes, qu’elle nomme Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin, et avoir déjà occupé un emploi à Monaco. La même loi fonctionne en sens inverse pour les licenciements. Son article 6 dispose que les licenciements par suppression d’emploi ou compression de personnel ne peuvent être effectués, pour une catégorie professionnelle déterminée, que dans l’ordre inverse, en commençant par les étrangers domiciliés hors de Monaco et des communes limitrophes et en remontant jusqu’aux Monégasques, l’ancienneté dans l’entreprise étant prise en compte dans chacune de ces catégories, avec une bonification d’un an par enfant à charge pour le salarié qui travaille dans l’entreprise depuis deux ans au moins, plafonnée à cinq ans. Son article 7 ouvre au salarié licencié pour cause de suppression d’emploi ou de compression de personnel une priorité de réembauchage pendant six mois, dans le cas où l’employeur recruterait du personnel appartenant à la même catégorie professionnelle, les réembauchages ayant lieu dans l’ordre inverse des licenciements.
La forme du marché du travail découle de la géographie. L’IMSEE, l’Institut Monégasque de la Statistique et des Études Économiques, recense 65 117 salariés en 2025, dont 5 393 dans le secteur public, et relève que 87,4 % des salariés ne résident pas à Monaco. Le secteur privé compte 3 698 employeurs hors employeurs de gens de maison, et l’Observatoire de l’Emploi 2025 du même institut y dénombre 59 724 salariés en décembre 2025, en recul de 1,2 % sur un an. Le secteur tertiaire représente 86,4 % de l’emploi privé, contre 13,6 % pour le secteur secondaire et moins de 0,1 % pour le secteur primaire. Par nationalité, l’IMSEE répartit l’ensemble des salariés en 62,5 % de Français, 14,0 % d’Italiens, 6,4 % de Portugais, 3,5 % de Monégasques et 1,8 % de Roumains ; pour le seul secteur privé, Monaco en chiffres 2026 donne 61,6 % de Français, 15,0 % d’Italiens, 6,8 % de Portugais, 1,9 % de Roumains et 1,7 % de Monégasques, l’écart sur les Monégasques tenant à leur présence dans la fonction publique. La langue française est la langue officielle de l’État, aux termes de l’article 8 de la Constitution du 17 décembre 1962. L’anglais est d’usage courant dans la finance internationale, la gestion de patrimoine et le yachting, et l’italien est largement présent. Pour les fourchettes de rémunération par secteur, voir la section Secteurs et salaires.
Le permis de travail et le titre de séjour sont deux instruments distincts, instruits par des services qui relèvent de deux directions différentes : le permis par le Service de l’Emploi, que la Direction du Travail regroupe avec l’Inspection du Travail et qui a notamment pour missions le contrôle du respect de la loi n° 629 du 17 juillet 1957 ainsi que l’enregistrement et la délivrance des permis de travail, et le séjour par la Section des Résidents de la Direction de la Sûreté Publique. Les deux se rejoignent en un point : le dossier de carte de séjour d’un demandeur salarié comporte une attestation du Service de l’Emploi autorisant le travail à Monaco.
Cette information est fournie à titre éducatif et factuel et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Les permis de travail et les autorisations d’embauche sont délivrés par les autorités monégasques compétentes. Pour toute décision personnelle, consultez un professionnel qualifié : avocat fiscaliste, expert-comptable, notaire, ou conseil en immigration selon la nature de votre situation.
4. La fiscalité : ce que la Principauté prélève, et les exceptions françaises
L’essentiel
- Aucun impôt sur le revenu des personnes physiques n’est perçu en Principauté. Cette absence ne concerne que les activités ou les personnes établies effectivement et réellement sur le territoire de la Principauté et elle ne porte pas atteinte aux règles posées par les autres États.
- Les personnes de nationalité française qui transportent leur domicile ou leur résidence à Monaco restent assujetties en France à l’impôt sur le revenu, dans les mêmes conditions que si leur domicile ou leur résidence était resté en France. Des catégories de personnes de nationalité française sont placées hors de ce champ, sans que leur énumération soit close.
- La Principauté ne perçoit ni impôt sur la fortune, ni taxe foncière, ni taxe d’habitation. L’impôt français sur la fortune immobilière peut en revanche atteindre les personnes de nationalité française ayant transporté leur domicile ou leur résidence à Monaco à compter du 1er janvier 1989 ; celles qui étaient établies à Monaco avant cette date ne sont assujetties qu’à raison de leurs biens situés en France, et les Français nés à Monaco qui y ont constamment maintenu leur résidence depuis leur naissance sont considérés comme fiscalement domiciliés hors de France pour cet impôt, sous réserve de la production d’un certificat de domicile.
- L’impôt sur les bénéfices vise les entreprises, quelle que soit leur forme, exerçant sur le territoire monégasque une activité industrielle ou commerciale dont le chiffre d’affaires provient à concurrence de 25 % au moins d’opérations faites, directement ou par personne interposée, en dehors de ce territoire. Il vise aussi, sans condition de chiffre d’affaires, les sociétés dont l’activité à Monaco consiste à percevoir des produits de la cession ou de la concession de brevets, de marques de fabrique, de procédés ou formules de fabrication, ou des produits de droits de propriété littéraire ou artistique. Le taux normal est de 25 % pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2022.
- La TVA est perçue sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France, de même que les droits et taxes sur les boissons et les métaux précieux. Les droits d’enregistrement sont perçus soit à un taux proportionnel, usuellement compris entre 0,5 % et 7,5 %, soit à un taux fixe de 10 €, selon la formalité.
- Les droits de succession et de donation s’appliquent aux biens situés en Principauté ou qui y ont leur assiette, quels que soient le domicile, la résidence ou la nationalité du défunt ou du donateur ; pour les successions, des règles particulières répartissent le droit d’imposer entre la France et Monaco. Le tarif suit le degré de parenté : 0 % en filiation directe entre parents et enfants ainsi qu’entre époux, 8 % entre frères et sœurs, 10 % entre oncles, tantes, neveux et nièces, 13 % entre les autres collatéraux et 16 % entre personnes non parentes. Les mutations entre vifs à titre gratuit entre partenaires d’un contrat de vie commune relèvent d’un droit proportionnel de 4 %, le droit de 16 % s’appliquant rétroactivement lorsque le contrat est résilié moins de dix ans après sa conclusion pour un motif autre que le mariage des partenaires ou le décès de l’un d’entre eux.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
Aucun, hors l’exception attachée à la nationalité française sous la convention franco-monégasque du 18 mai 1963. L’administration monégasque fait remonter l’absence de tout impôt sur le revenu à une ordonnance prise en 1869 par le Prince Charles III. Cette absence ne concerne que les activités ou les personnes établies effectivement et réellement sur le territoire de la Principauté, et ne porte pas atteinte aux règles posées par les autres États.
Nationaux français régis par la convention de 1963
Article 7 de la convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963. Son paragraphe 1 assujettit en France «à l’impôt sur le revenu des personnes physiques et à la taxe complémentaire » les personnes de nationalité française qui transportent à Monaco leur domicile ou leur résidence, ou qui ne peuvent justifier de cinq ans de résidence habituelle à Monaco au 13 octobre 1962; la taxe complémentaire a été supprimée par l’article 5 de la loi n° 69-1161 du 24 décembre 1969, et la doctrine française restitue l’article par référence au seul impôt sur le revenu. Le deuxième alinéa de ce paragraphe exclut de cette règle, sous ses lettres a) et b), les personnes faisant partie ou relevant de la maison souveraine, et les fonctionnaires, agents et employés des services publics de la Principauté qui ont établi leur résidence habituelle à Monaco antérieurement au 13 octobre 1962. Ces exclusions ne sont pas les seules à placer une personne hors du champ de l’article 7-1: la doctrine fiscale française y range d’autres catégories, dont les Français nés à Monaco et y ayant constamment résidé depuis leur naissance, ceux qui y ont transféré et maintenu de manière permanente leur résidence habituelle avant le 13 octobre 1957, et, au titre de l’échange de lettres du 26 mai 2003, les personnes de nationalité française mariées à une personne de nationalité monégasque qui ont effectivement maintenu leur résidence habituelle en Principauté depuis leur mariage et ne se trouvent pas dans les cas d’imposition distincte visés au 4 de l’article 6 du code général des impôts. Le détail et les conditions figurent à BOI-INT-CVB-MCO-10. Le paragraphe 3, inséré par l’Avenant du 26 mai 2003, vise l’impôt sur la fortune à compter du 1er janvier 2002 pour ceux qui ont transporté leur domicile ou leur résidence à Monaco à compter du 1er janvier 1989: l’impôt de solidarité sur la fortune a été supprimé au 1er janvier 2018 et remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière, par lequel ce paragraphe opère désormais.
Fortune, foncier et habitation en Principauté
Il n’existe en Principauté ni impôt sur la fortune, ni taxe foncière, ni taxe d’habitation.
Impôt sur les bénéfices
Le seul impôt direct. L’article 1er de l’Ordonnance Souveraine n° 3.152 du 19 mars 1964 vise deux catégories : les entreprises, quelle que soit leur forme, qui exercent sur le territoire monégasque une activité industrielle ou commerciale et dont le chiffre d’affaires provient à concurrence de 25 % au moins d’opérations faites, directement ou par personne interposée, en dehors du territoire monégasque, et, sans aucun seuil de chiffre d’affaires, les sociétés, quelles qu’elles soient, dont l’activité à Monaco consiste à percevoir des produits provenant de la cession ou de la concession de brevets, marques de fabrique, procédés ou formules de fabrication, ou des produits de droits de propriété littéraire ou artistique. Taux normal de 25 % à compter du 1er janvier 2022, après 31 % pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019, 28 % pour ceux de 2020 et 26,5 % pour ceux de 2021, aux termes de l’article 21 de la même ordonnance remplacé par l’ordonnance n° 7.174 du 24 octobre 2018. Impôt établi sur les bénéfices réalisés à partir du 1er janvier 1963, de la compétence exclusive de l’administration monégasque.
TVA et douane
TVA perçue sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France, régime intracommunautaire applicable depuis le 1er janvier 1993, et Principauté qui n’est pas considérée comme un pays tiers au sens de l’article 7 de la directive 2006/112/CE. Union douanière avec la France par la Convention douanière du 18 mai 1963, et appartenance au territoire douanier de l’Union au titre de l’article 4, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 952/2013, la Principauté demeurant un État tiers par rapport à l’Union européenne.
Monnaie
L’euro, monnaie officielle au titre de l’article premier de l’accord monétaire entre l’Union européenne et la Principauté de Monaco, entré en vigueur le 1er décembre 2011. Monaco a été autorisée à utiliser l’euro à compter du 1er janvier 1999 et ses pièces sont frappées à l’Hôtel de la monnaie de Paris.
Droits de succession et de donation
Ils s’appliquent aux biens situés sur le territoire de la Principauté ou qui y ont leur assiette, quels que soient le domicile, la résidence ou la nationalité du défunt ou du donateur, sous réserve des dispositions de la convention franco-monégasque du 1er avril 1950, laquelle ne vise que l’impôt sur les successions et non les mutations à titre gratuit entre vifs. Taux publiés: 0 % en filiation directe parents-enfants ou entre époux, 8 % entre frères et sœurs, 10 % entre oncles, tantes, neveux et nièces, 13 % entre collatéraux autres que frères, sœurs, oncles, tantes, neveux ou nièces, et 16 % entre personnes non parentes. L’article 21-1 de la loi n° 580 du 29 juillet 1953 ajoute un droit proportionnel de 4 % pour les mutations entre vifs à titre gratuit entre partenaires d’un contrat de vie commune, remis en cause au droit de l’article 18, soit 16 %, rétroactivement, si le contrat est résilié moins de dix ans après sa conclusion pour un motif autre que le mariage des partenaires ou le décès de l’un d’entre eux.
Droits d’enregistrement
Perçus soit à un taux proportionnel, les taux usuels étant compris entre 0,5 % et 7,5 %, soit au taux fixe de 10 €, selon la formalité.
Le détail des textes et des sources
L’administration fiscale monégasque énonce le principe en une phrase : l’absence de tout impôt sur le revenu résulte d’une ordonnance prise en 1869 par le Prince Charles III. Elle ajoute que le seul impôt direct perçu en Principauté est l’impôt sur les bénéfices des activités industrielles et commerciales, et qu’il n’existe en Principauté ni impôt sur la fortune, ni taxe foncière, ni taxe d’habitation. Les Monégasques et les résidents de la Principauté, à l’exception des nationaux français régis par la Convention bilatérale franco-monégasque de 1963, ne sont pas soumis à un impôt sur le revenu. Deux réserves viennent de la même source et comptent, pour un lecteur français, autant que la règle. D’abord, l’absence de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ne concerne que les activités ou les personnes établies effectivement et réellement sur le territoire de la Principauté. Ensuite, cet état de fait ne porte pas atteinte aux règles posées par les autres États.
L’exception attachée à la nationalité française figure à l’article 7 de la convention fiscale entre la France et la Principauté de Monaco du 18 mai 1963. Aux termes de son paragraphe 1, les personnes physiques de nationalité française qui transportent à Monaco leur domicile ou leur résidence, ou qui ne peuvent pas justifier de cinq ans de résidence habituelle à Monaco à la date du 13 octobre 1962, sont assujetties en France « à l’impôt sur le revenu des personnes physiques et à la taxe complémentaire dans les mêmes conditions que si elles avaient leur domicile ou leur résidence en France ». Le second membre de cette phrase est historique : la taxe complémentaire a été supprimée par l’article 5 de la loi n° 69-1161 du 24 décembre 1969 et a été exigible pour la dernière fois pour l’imposition, en 1970, des revenus perçus en 1969, et la doctrine fiscale française restitue aujourd’hui l’article 7-1 par référence au seul impôt sur le revenu (BOI-INT-CVB-MCO-10, en vigueur depuis le 2 juin 2021). Le deuxième alinéa du même paragraphe exclut de cette règle, sous ses lettres a) et b), les personnes faisant partie ou relevant de la maison souveraine, et les fonctionnaires, agents et employés des services publics de la Principauté qui ont établi leur résidence habituelle à Monaco antérieurement au 13 octobre 1962. Ces exclusions ne sont pas les seules à placer une personne hors du champ de l’article 7-1. La doctrine fiscale française y range d’autres catégories de personnes de nationalité française, et c’est BOI-INT-CVB-MCO-10 qu’il faut lire pour en connaître le détail et les conditions. Y figurent celles qui ont transféré et maintenu de manière permanente leur résidence habituelle à Monaco avant le 13 octobre 1957, et celles qui sont nées à Monaco et y ont constamment résidé depuis leur naissance, quelle qu’en soit la date, le Conseil d’État ayant jugé qu’en sont notamment exclues les personnes qui, y ayant constamment résidé depuis leur naissance, n’y ont jamais transféré leur domicile (CE, 11 avril 2014, n° 362237) ; la réponse ministérielle Frassa, n° 23030, JO Sénat du 2 février 2017, p. 426, précise que les Français nés sur le territoire national qui ont rejoint immédiatement le domicile de leurs parents situé à Monaco puis y ont résidé sans interruption entrent dans le champ de cette jurisprudence, cette règle ne portant que sur les cas dans lesquels le séjour en France est exclusivement lié aux circonstances de la naissance. L’échange de lettres du 26 mai 2003, approuvé par la loi n° 2005-227 du 14 mars 2005 et publié par le décret n° 2005-1078 du 23 août 2005, prévoit d’autres dérogations que la même doctrine restitue : les personnes de nationalité française mariées à une personne de nationalité monégasque, ou à une personne de nationalité française elle-même placée hors de ce champ, à condition d’avoir effectivement maintenu leur résidence habituelle en Principauté depuis leur mariage et de ne pas se trouver dans les cas d’imposition distincte visés au 4 de l’article 6 du code général des impôts, la dissolution du mariage mettant fin à cette dérogation à moins qu’elle ne soit causée par le décès du conjoint ; les personnes de nationalité française mariées à une personne de nationalité étrangère autre que monégasque, si le mariage a été contracté avant le 1er janvier 1986, si elles ont maintenu depuis leur résidence habituelle en Principauté et si elles ne se trouvent pas dans ces mêmes cas d’imposition distincte, le conjoint de nationalité française demeurant fiscalement domicilié en France pour les mariages contractés postérieurement à cette date ; et la situation des enfants, sous les échanges de lettres des 17 août 1978 et 23 mai 1979 et sous celui du 26 mai 2003. Le paragraphe 2 diffère aux revenus de 1965 la première imposition aux impôts que nomme le paragraphe 1, l’impôt sur le revenu des personnes physiques et, le cas échéant, la taxe complémentaire supprimée en 1969, pour les personnes de nationalité française précédemment domiciliées hors de la France métropolitaine et ayant leur résidence habituelle à Monaco depuis moins de cinq ans au 13 octobre 1962. Le paragraphe 3, inséré par l’article 2 de l’Avenant du 26 mai 2003, assujettit à l’impôt sur la fortune, à compter du 1er janvier 2002, les personnes physiques de nationalité française qui ont transporté à Monaco leur domicile ou leur résidence à compter du 1er janvier 1989, dans les mêmes conditions que si elles avaient leur domicile ou leur résidence en France. L’impôt que ce paragraphe visait, l’impôt de solidarité sur la fortune, a été supprimé par l’article 31 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018, qui a institué à compter du 1er janvier 2018 l’impôt sur la fortune immobilière ; l’administration fiscale française indique que le paragraphe opère désormais par ce dernier impôt, l’imposition portant sur l’ensemble des biens entrant dans son assiette, qu’ils soient situés en France ou à l’étranger, y compris à Monaco. Les personnes établies à Monaco avant le 1er janvier 1989 n’y sont assujetties qu’à raison de leurs biens situés en France, dans les mêmes conditions que les personnes fiscalement domiciliées hors de France, et les Français nés à Monaco y ayant constamment maintenu leur résidence depuis leur naissance sont également considérés, au regard de cet impôt, comme fiscalement domiciliés hors de France, sous réserve de la production d’un certificat de domicile.
Autour de ce centre, la Principauté fonctionne à l’intérieur de cadres français et européens sur plusieurs axes à la fois. L’impôt sur les bénéfices, seul impôt direct, est établi par l’article 1er de l’Ordonnance Souveraine n° 3.152 du 19 mars 1964, qui vise deux catégories. D’une part les entreprises, quelle que soit leur forme, qui exercent sur le territoire monégasque une activité industrielle ou commerciale, lorsque leur chiffre d’affaires provient à concurrence de 25 % au moins d’opérations faites, directement ou par personne interposée, en dehors du territoire monégasque ; l’article 2 de la convention de 1963 pose le même seuil de 25 % au moins, mais l’écrit comme des opérations faites en dehors de Monaco. D’autre part, et sans aucun seuil de chiffre d’affaires, les sociétés, quelles qu’elles soient, dont l’activité à Monaco consiste à percevoir soit des produits provenant de la cession ou de la concession de brevets, marques de fabrique, procédés ou formules de fabrication, soit des produits de droits de propriété littéraire ou artistique. Le taux figure à l’article 21 de la même ordonnance, remplacé par l’ordonnance n° 7.174 du 24 octobre 2018 : 31 % pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019, 28 % pour ceux ouverts à compter du 1er janvier 2020, 26,5 % pour ceux ouverts à compter du 1er janvier 2021, et un taux normal de 25 % à compter du 1er janvier 2022. Par l’article 1er de la convention de 1963, le Gouvernement princier s’était engagé à instituer cet impôt sur les bénéfices réalisés à partir du 1er janvier 1963 ; son établissement, son recouvrement et son contentieux sont de la compétence exclusive de l’administration monégasque, et son produit est intégralement acquis au Trésor princier. La taxe sur la valeur ajoutée est perçue sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France, le régime de la TVA intracommunautaire étant applicable depuis le 1er janvier 1993 ; en droit de l’Union, l’article 7 de la directive 2006/112/CE dispose que la Principauté n’est pas considérée comme un pays tiers pour l’application de la directive et que les opérations effectuées en provenance ou à destination de Monaco sont traitées comme des opérations effectuées en provenance ou à destination de la France. Les territoires français et monégasques, y compris leurs eaux territoriales, forment une union douanière organisée par la Convention douanière du 18 mai 1963, le code des douanes de la France est applicable en Principauté, et le territoire de Monaco ainsi défini est considéré comme faisant partie du territoire douanier de l’Union au titre de l’article 4, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 952/2013, la Principauté demeurant un État tiers par rapport à l’Union européenne. La monnaie est l’euro : l’article premier de l’accord monétaire entre l’Union européenne et la Principauté de Monaco autorise Monaco à utiliser l’euro comme sa monnaie officielle et à donner cours légal aux billets et aux pièces en euros, la Principauté ayant été autorisée à l’utiliser à compter du 1er janvier 1999 et ses pièces étant frappées à l’Hôtel de la monnaie de Paris. Les droits de succession ou de donation s’appliquent aux biens situés sur le territoire de la Principauté ou qui y ont leur assiette, quels que soient le domicile, la résidence ou la nationalité du défunt ou du donateur, sous réserve des dispositions de la convention franco-monégasque du 1er avril 1950, qui est la seconde réserve française que porte cette section. Cette convention ne vise que l’impôt sur les successions et ne s’applique pas aux mutations à titre gratuit entre vifs ; elle répartit, pour la succession d’un ressortissant de l’un des deux États contractants, le droit d’imposer catégorie de biens par catégorie de biens : les immeubles et droits immobiliers ne sont soumis à l’impôt que dans l’État où ils sont situés ; les meubles corporels autres que ceux visés aux articles 4, 5 et 6, ainsi que les billets de banque et autres espèces monétaires ayant leur cours légal au lieu de leur émission, sont soumis à l’impôt au lieu où ils se trouvent effectivement à la date du décès ; les bateaux et aéronefs autres que ceux visés à l’article 5 sont imposés dans l’État où ils ont reçu leur acte de nationalité ou dans lequel ils ont été immatriculés ; les biens meubles corporels ou incorporels investis dans une entreprise commerciale, industrielle ou autre sont soumis à l’impôt dans l’État de l’établissement stable auquel ils sont affectés, les investissements du défunt dans des sociétés par actions étant exclus de cette règle ; et les actions ou parts sociales, fonds d’État, obligations, créances chirographaires ou hypothécaires et tous autres biens auxquels ne s’appliquent pas les articles 2 à 5 ne sont soumis à l’impôt que dans l’État du domicile du défunt lorsqu’il y était domicilié au moment de son décès, et à défaut dans l’État dont il était ressortissant à cette date, chaque cas de double nationalité faisant l’objet de conventions particulières entre les administrations française et monégasque. Une personne de nationalité française ne peut être considérée comme ayant eu son domicile dans la Principauté au moment de son décès que si elle y a résidé habituellement en fait depuis cinq années au moins, sans condition de durée pour les personnes faisant partie ou relevant de la Maison Souveraine et pour les fonctionnaires, employés et agents des services publics de la Principauté. Les taux publiés par le Gouvernement princier suivent le degré de parenté entre le défunt et son héritier : 0 % en filiation directe parents-enfants ou entre époux, 8 % entre frères et sœurs, 10 % entre oncles, tantes, neveux et nièces, 13 % entre collatéraux autres que frères, sœurs, oncles, tantes, neveux ou nièces, et 16 % entre personnes non parentes. Le tarif statutaire porte en outre une bande que le tableau du portail ne reprend pas : l’article 21-1 de la loi n° 580 du 29 juillet 1953, créé à compter du 27 juin 2020 par la loi n° 1.481 du 17 décembre 2019, assujettit au droit proportionnel de 4 % les mutations entre vifs à titre gratuit entre partenaires d’un contrat de vie commune, ce bénéfice étant remis en cause, et le droit proportionnel prévu à l’article 18 appliqué rétroactivement, soit 16 %, lorsque le contrat de vie commune est résilié moins de dix ans après sa conclusion pour un motif autre que le mariage des partenaires ou le décès de l’un d’entre eux. Enfin, les droits d’enregistrement sont perçus soit à un taux proportionnel, les taux usuels étant compris entre 0,5 % et 7,5 %, soit au taux fixe de 10 €, et les droits et taxes sur les boissons et les métaux précieux sont établis en Principauté sur les mêmes bases et aux mêmes tarifs qu’en France.
Cette information est fournie à titre éducatif et factuel et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Cette section expose, à côté des règles fiscales monégasques, des règles conventionnelles, successorales, d’enregistrement et de droit de l’Union européenne. Pour toute décision personnelle, consultez un professionnel qualifié : avocat fiscaliste, expert-comptable, notaire, ou conseil en immigration selon la nature de votre situation.
5. Le marché immobilier et la géographie des trajets domicile-travail
L’essentiel
- En 2025, 493 transactions ont porté sur des locaux à usage d’habitation du secteur privé, en augmentation de 5,8 % sur un an, pour un montant global de 5,9 milliards d’euros : 64 ventes pour 2,6 milliards d’euros, la vente s’entendant de la première cession d’un bien de moins de cinq ans, et 429 reventes pour 3,2 milliards d’euros. Le secteur domanial est hors de ce décompte. Les montants sont ceux des actes notariés, exprimés toutes taxes comprises sauf cas particulier, et ne comprennent ni les frais d’agence, ni les frais de notaire, ni les droits d’enregistrement, ni les droits de transcription.
- Le prix au mètre carré est estimé à 57 569 € en 2025, après 58 402 € en 2024, soit un repli de 1,4 %, et à 71 167 € dans le seul quartier du Larvotto. Il s’agit d’une estimation issue d’un modèle statistique et non d’un prix constaté : elle ne porte que sur les ventes et reventes dont la superficie est connue, laisse de côté les villas ainsi que le quartier de Monaco-Ville, et ne se raccorde pas aux prix au mètre carré publiés avant 2025.
- Neuf salariés du secteur privé sur dix travaillent à Monaco sans y habiter, proportion arrondie. À la fin de l’année, 81,5 % d’entre eux résident en France, soit environ 48 000 personnes, un sur dix a Monaco pour lieu de travail et de résidence, soit près de 6 000 personnes, et 8,3 % vivent en Italie, soit près de 5 000 travailleurs. Cette répartition laisse de côté les salariés des secteurs public et para-public ainsi que ceux dont le lieu de résidence n’est pas renseigné.
- Quatre communes limitrophes sont retenues en matière d’emploi : Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin, à l’exclusion de toute autre commune française ou italienne. Les étrangers qui y sont domiciliés, qui sont autorisés à y travailler et qui ont déjà exercé une activité professionnelle à Monaco occupent un rang dans l’ordre de priorité d’embauche applicable aux recrutements en Principauté : les trois conditions se cumulent, et un rang n’est ni une priorité absolue ni une garantie d’embauche.
- Pour les achats courants, la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que les droits et taxes sur les boissons et les métaux précieux sont perçus en Principauté sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France. Il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, sous une exception d’origine conventionnelle : les personnes qui en relèvent ne bénéficient pas de cette absence.
- L’installation en Principauté passe par le territoire français. La voie ordinaire est un visa d’établissement de type D sollicité auprès du consulat de France le plus proche du dernier domicile, les ressortissants figurant sur la liste publiée par la Principauté étant hors de cette exigence ; la personne établie en France depuis plus d’un an sollicite à la place un transfert de résidence auprès de l’ambassade de France à Monaco. La carte de séjour existe en quatre catégories, valables un, trois, cinq ou dix ans, celle de cinq ans étant celle du conjoint de Monégasque. Le permis de travail vaut pour un seul employeur et une seule profession.
Le détail des textes et des sources
Le logement est un poste que la Principauté documente pour son propre compte, et elle publie ses propres chiffres plutôt que de laisser la question aux agrégateurs. L’IMSEE a publié en février 2026 l’Observatoire de l’Immobilier 2025, qui étudie exclusivement les transactions portant sur les locaux à usage d’habitation du secteur privé, le secteur domanial étant exclu du périmètre d’étude, et qui s’appuie sur les données fournies par la Division des Hypothèques de la Direction des Services Fiscaux. Sur ce périmètre, le marché totalise 493 transactions en 2025, en augmentation de 5,8 % par rapport à 2024, pour un montant global de 5,9 milliards d’euros : 64 ventes pour 2,6 milliards d’euros et 429 reventes pour 3,2 milliards d’euros, montant que l’institut présente comme le nouveau record des reventes. Une vente, au sens de l’Observatoire, est la première cession d’un bien immobilier, sur plan ou après achèvement, portant sur un immeuble de moins de cinq ans, ce qui ne se confond pas avec la notion de logement neuf. Le prix au mètre carré s’établit à 57 569 € en 2025, après 58 402 € en 2024, soit un repli de 1,4 %, et il est estimé à 71 167 € dans le quartier du Larvotto. Deux réserves méthodologiques accompagnent cette estimation, et elles viennent de l’IMSEE lui-même. L’édition 2025 est passée à un modèle statistique de régression linéaire appliqué aux ventes comme aux reventes lorsque la superficie est connue, et l’institut indique que cette évolution méthodologique empêche toute comparaison avec les prix au mètre carré publiés dans les précédents observatoires. Et l’estimation ne couvre pas tout le territoire : les villas, au caractère fortement atypique et fréquemment acquises en vue de nouveaux projets immobiliers, ne sont pas prises en compte, et le quartier de Monaco-Ville est également exclu en raison d’un volume de transactions insuffisant sur la période étudiée. Les montants sont ceux indiqués dans les actes notariés, exprimés, sauf cas particulier, toutes taxes comprises, et n’incluent ni les frais d’agence, ni les frais de notaire, ni les droits d’enregistrement et de transcription. Au 31 décembre 2025, et sur une base différente puisqu’elle relève de la Direction de la Prospective, de l’Urbanisme et de la Mobilité, la Principauté totalise 1 473 bâtiments, incluant les constructions en cours et/ou autorisées, pour une surface utile cumulée de 3,4 millions de mètres carrés, dont les logements, y compris domaniaux, représentent 60,2 %.
La conséquence est une géographie pendulaire plutôt que résidentielle, et l’IMSEE la mesure directement plutôt que de la déduire. Dans son Observatoire de l’Emploi 2025, publié en avril 2026, neuf salariés du secteur privé sur dix sont des pendulaires, c’est-à-dire travaillent à Monaco sans y habiter : 81,5 % des salariés, soit autour de 48 000 personnes, résident en France à la fin de l’année, la Principauté est à la fois le lieu de travail et de résidence pour un salarié sur dix, soit pratiquement 6 000 personnes, et près de 5 000 travailleurs, 8,3 %, vivent en Italie. Les lieux de résidence non renseignés sont exclus de cette répartition. Par commune, Nice réunit plus de 16 000 salariés du secteur privé, soit 27 %, devant Menton et ses près de 7 300 salariés, 12,4 %, puis Monaco avec 5 975 personnes, 10,1 %. La part des salariés du secteur privé résidant à Monaco est passée de 13,4 % en 2017 à 10,1 % en 2025. Le Service de l’Emploi nomme pour sa part quatre communes limitrophes, Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin, et l’article 5 de la loi n° 629 du 17 juillet 1957 donne un rang dans l’ordre de priorité d’embauche aux étrangers qui y sont domiciliés, qui sont autorisés à y travailler et qui ont déjà exercé une activité professionnelle à Monaco. Pour les achats courants, la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que les droits et taxes sur les boissons et les métaux précieux sont perçus en Principauté sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France. L’Observatoire de l’IMSEE est la source publiée par la Principauté elle-même pour les prix de l’immobilier.
Monaco tient ensemble un jeu de règles qui se lisent d’un bloc : une entrée par le territoire français ; pour un ressortissant d’un pays qui ne figure pas sur la liste « Espace Économique Européen et pays tiers » publiée par la fiche de démarche monégasque, un visa d’établissement de type D sollicité auprès du consulat de France le plus proche du dernier domicile, la personne établie en France depuis plus d’un an sollicitant à la place un transfert de résidence auprès de l’Ambassade de France à Monaco, et celle qui se trouve déjà en Principauté et y dispose d’un logement pouvant être autorisée par le Département de l’Intérieur à accomplir ces démarches directement auprès de cette ambassade ; une carte de séjour délivrée par la Principauté en quatre catégories, valables un, trois, cinq ou dix ans, la carte de cinq ans étant celle du conjoint de Monégasque ; un permis de travail attaché à un seul employeur et à une seule profession ; un ordre légal de priorité d’embauche ; et une absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques assortie de l’exception de l’article 7 de la convention fiscale du 18 mai 1963, la règle de situs des droits de succession étant elle-même sous réserve de la convention successorale du 1er avril 1950. Chacun de ces cadres relève, pour une situation personnelle, des autorités monégasques et françaises compétentes et d’un professionnel qualifié.
Cette information est fournie à titre éducatif et factuel et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Cette section expose des chiffres du marché immobilier publiés par l’IMSEE, à côté de règles de TVA et de droits perçus en Principauté. Pour toute décision personnelle, consultez un professionnel qualifié : avocat fiscaliste, expert-comptable, notaire, ou conseil en immigration selon la nature de votre situation.
Secteurs clés & salaires à Monaco
Les fourchettes présentées sont indicatives et correspondent aux packages expatriés proposés par les entreprises internationales (salaire + logement + avantages).
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Maîtrisez l’art de la discrétion
Ne posez jamais de questions sur la fortune, les investissements ou les affaires privées de vos interlocuteurs. Cette règle d’or vous distinguera immédiatement comme quelqu’un qui comprend les codes monégasques.
Soignez votre apparence
À Monaco, la présentation personnelle est un marqueur de crédibilité. Investissez dans une garde-robe professionnelle de qualité. Le dress code est plus formel que dans la plupart des villes françaises.
Assistez à un gala de charité
Les événements caritatifs sont le cœur du networking monégasque. Inscrivez-vous dès votre arrivée à un gala ou à un cocktail bénéfice : c’est le meilleur moyen de rencontrer les acteurs clés de la place.
Apprenez le calendrier monégasque
Connaître les dates du Grand Prix, du Yacht Show, du Rolex Masters et des grandes soirées de gala est essentiel pour planifier votre activité et vos opportunités de réseautage.
Dimensions culturelles à Monaco
Comprendre les codes culturels professionnels pour réussir votre intégration à Monaco.
Chaque dimension situe le pays sur une échelle de 0 à 8 entre ses deux pôles. Cadre d’analyse et sources : notre méthodologie.
Communication
À Monaco, la communication est un exercice d’élégance. Influencée par la culture française et l’étiquette aristocratique, elle privilégie la forme autant que le fond. Les échanges professionnels sont polis, mesurés et jamais précipités. Dans un milieu où tout le monde se connaît, les informations clés circulent souvent de manière implicite. Le multilinguisme (français, anglais, italien) est un atout majeur.
À faire
- Adoptez un registre formel et soigné dans toutes vos communications
- Maîtrisez l’art du small talk : sport, culture, événements monégasques
- Confirmez les échanges importants par écrit avec un ton professionnel
À éviter
- Ne posez jamais de questions intrusives sur la fortune ou les affaires privées
- Évitez le style trop décontracté ou familier, même après plusieurs rencontres
- Ne partagez jamais d’informations sur vos clients ou partenaires
Scénario concret
Un consultant français arrive à Monaco et adopte un ton décontracté avec ses interlocuteurs. Il pose des questions directes sur les montants d’investissement lors d’un cocktail. Ses interlocuteurs se ferment immédiatement. En apprenant les codes de la discrétion monégasque, il reconstruit progressivement ses relations.
Feedback
Le feedback à Monaco est empreint de la culture de la discrétion qui caractérise la Principauté. Les critiques sont toujours formulées en privé, avec tact et diplomatie. Un « c’est intéressant mais... » peut signifier un désaccord profond. La capacité à lire entre les lignes est essentielle dans un environnement où personne ne risque de froisser un interlocuteur dont le réseau est potentiellement influent.
À faire
- Donnez vos retours en tête-à-tête, jamais en public
- Formulez vos critiques de manière constructive avec des pistes d’amélioration
- Apprenez à décoder les messages atténués de vos interlocuteurs
À éviter
- Ne critiquez jamais quelqu’un publiquement, quelle que soit la situation
- Évitez la franchise brutale à la française : elle sera perçue comme vulgaire
- Ne sous-estimez pas un commentaire modéré : il peut cacher une insatisfaction profonde
Scénario concret
Un banquier reçoit de son directeur la remarque : « Votre rapport est très complet, peut-être un peu trop d’ailleurs. » Traduction : le rapport est confus et trop long. Il apprend à décoder ce langage diplomatique typiquement monégasque.
Persuasion
À Monaco, votre pouvoir de persuasion dépend d’abord de qui vous êtes et qui vous recommande. Les acheteurs de services professionnels y sont le plus souvent déjà servis par plusieurs conseils internationaux, et une proposition se juge à cette aune : précise sur le fond, soignée sur la forme. L’approche pragmatique l’emporte : montrez des résultats concrets, des références solides et une compréhension fine des besoins spécifiques de votre interlocuteur.
À faire
- Ouvrez avec vos références et recommandations de confiance
- Présentez des cas concrets avec des résultats mesurables
- Soignez la qualité de vos supports : présentations sur mesure, pas de templates génériques
À éviter
- Ne commencez pas par la théorie : allez aux résultats
- Évitez les propositions génériques : le sur-mesure est attendu
- Ne survendez pas : l’exagération est vite repérée dans un petit milieu
Scénario concret
Un gestionnaire de patrimoine présente une stratégie d’investissement avec 20 slides théoriques. Son client monégasque décroche rapidement. Lors du second rendez-vous, il ouvre sur les performances obtenues pour un client au profil similaire, avec une recommandation du précédent conseiller. L’affaire se conclut.
Direction
Monaco est une principauté monarchique dont la culture aristocratique imprègne profondément le monde des affaires. Les titres, le statut social et la hiérarchie formelle sont respectés avec une rigueur qui surprend les Français habitués à un peu plus de décontraction. Le management est descendant dans les structures traditionnelles. L’autorité du dirigeant est rarement contestée ouvertement, et le respect du protocole est essentiel.
À faire
- Respectez scrupuleusement les titres et la chaîne hiérarchique
- Utilisez systématiquement le vouvoiement en contexte professionnel
- Montrez du respect pour le statut et les accomplissements de vos interlocuteurs
À éviter
- Ne tutoyez jamais sans y être explicitement invité
- Ne contestez pas l’autorité d’un supérieur en public
- Ne sous-estimez pas l’importance du statut social hors travail dans les dynamiques professionnelles
Scénario concret
Un cadre français tutoie son nouveau directeur monégasque après quelques semaines, comme il le ferait à Paris. Le silence gêné de ses collègues lui fait comprendre que le vouvoiement est la norme durable à Monaco, particulièrement avec les dirigeants.
Décision
Dans un écosystème dominé par les family offices, les banques privées et les entreprises familiales, les décisions à Monaco sont généralement centralisées. Le décideur ultime est souvent le propriétaire, le patriarche ou le dirigeant fondateur. Le processus peut être long car il repose sur la confiance personnelle, mais une fois la décision prise, l’exécution est rapide.
À faire
- Identifiez le véritable décideur dès le début de la relation
- Préparez des dossiers irréprochables prêts à être présentés au sommet
- Soyez patient pendant la phase de mise en confiance
À éviter
- Ne forcez jamais une décision : la pression est contre-productive
- Évitez de court-circuiter la chaîne de décision
- Ne confondez pas lenteur de décision et désintérêt : Monaco prend son temps
Scénario concret
Un promoteur attend trois mois pour obtenir un rendez-vous avec un investisseur monégasque. Après deux déjeuners au Hôtel de Paris et un dossier impeccable, la décision tombe en 24 heures. La phase de mise en confiance est longue, mais l’exécution est fulgurante.
Confiance
À Monaco, la confiance est profondément relationnelle. Dans un territoire de 2,08 km² où les cercles professionnels sont minuscules, votre réputation vous précède partout. Les introductions personnelles sont la voie d’accès habituelle aux décideurs. La discrétion absolue sur les affaires de vos clients est une condition sine qua non. Une indiscrétion peut vous fermer définitivement les portes de la place.
À faire
- Investissez dans les introductions personnelles par des tiers de confiance
- Fréquentez les clubs et événements : Yacht Club, Monte-Carlo Country Club, galas de charité
- Construisez votre réputation sur la fiabilité et la discrétion absolue
À éviter
- Ne faites jamais de démarchage à froid : c’est mal vu à Monaco
- Ne partagez aucune information confidentielle, même de manière informelle
- Ne brûlez jamais de ponts : le milieu est trop petit pour se faire des ennemis
Scénario concret
Un nouveau gestionnaire tente de prospecter en envoyant des emails de démarchage. Zéro réponse. Son collègue l’introduit lors d’un dîner au Yacht Club auprès d’un membre influent. En trois mois, il obtient ses premiers mandats grâce au bouche-à-oreille.
Désaccord
La culture monégasque proscrit la confrontation ouverte. Les désaccords sont traités en privé, avec des formulations indirectes qui préservent la face de chacun. Hausser le ton en réunion est considéré comme une faute de savoir-vivre grave. Les négociations se mènent avec une apparente douceur, mais la fermeté sur le fond reste bien réelle.
À faire
- Exprimez vos désaccords en privé, toujours avec diplomatie
- Utilisez des formulations interrogatives : « Avez-vous envisagé... ? »
- Proposez des alternatives plutôt que des refus catégoriques
À éviter
- Ne haussez jamais le ton et ne montrez pas d’impatience
- Évitez de mettre votre interlocuteur en difficulté devant des tiers
- Ne confondez pas accord poli et engagement ferme : vérifiez les décisions
Scénario concret
Un avocat français conteste vivement une clause contractuelle en réunion multilatérale. Son interlocuteur monégasque ne répond pas sur le moment, mais le rappelle le soir même pour exprimer son mécontentement. L’avocat apprend que les vraies négociations se font en aparté, pas en assemblée.
Temps
Monaco combine l’exigence de ponctualité du monde de la finance avec la souplesse méditerranéenne. Les rendez-vous d’affaires commencent à l’heure, mais les déjeuners d’affaires s’étirent et les événements mondains suivent leur propre tempo. Le calendrier de la Principauté est rythmé par les grands événements (Grand Prix, Yacht Show, Rolex Masters) qui mobilisent toute la ville.
À faire
- Soyez ponctuel aux rendez-vous formels, avec 5 minutes de tolérance
- Planifiez vos rendez-vous deux à trois semaines à l’avance
- Intégrez le calendrier événementiel monégasque dans votre planning annuel
À éviter
- Ne programmez pas de réunions importantes pendant les grands événements
- Évitez d’écourter un déjeuner d’affaires : c’est un moment relationnel essentiel
- Ne sollicitez pas un rendez-vous pour le lendemain : les agendas sont chargés
Scénario concret
Un cadre programme une réunion clé pendant la semaine du Grand Prix. Ses interlocuteurs sont introuvables, les rues sont fermées et aucune salle de réunion n’est disponible. Il apprend à caler son agenda sur le rythme unique de la Principauté.
Les faux pas à éviter
Poser des questions sur la fortune
À Monaco, demander à quelqu’un combien il gagne, ce que vaut son bien immobilier ou le montant de ses investissements est une faute impardonnable. La discrétion financière est la règle absolue.
Démarcher directement
Envoyer des emails de prospection non sollicités ou aborder quelqu’un lors d’un événement pour vendre vos services est très mal perçu. À Monaco, tout passe par les introductions personnelles.
Adopter un ton trop décontracté
Tutoyer un interlocuteur sans y être invité, s’habiller trop décontracté ou plaisanter de manière trop familière sont des erreurs qui marquent durablement dans un petit milieu.
Partager des informations confidentielles
Dans un territoire où tout le monde se connaît, une indiscrétion se propage à la vitesse de la lumière et peut ruiner votre réputation de manière irréversible. La confidentialité est sacrée.
Monaco vs. France : les différences clés
| Dimension | ||
|---|---|---|
| Communication | Directe, parfois décontractée | Formelle, discrète, élégante |
| Feedback | Souvent direct ou absent | Féutré, toujours en privé, diplomatique |
| Réunions | Débats animés, débordements fréquents | Formelles, structurées, pas de confrontation |
| Hiérarchie | Marquée mais parfois contestée | Très marquée, aristocratique, rarement contestée |
| Décision | Le chef décide, négociation ensuite | Le patriarche ou propriétaire décide après mise en confiance |
| Ponctualité | 5-10 min de retard tolérés | Ponctualité attendue, déjeuners plus souples |
| Confiance | Se construit autour d’un déjeuner | Se construit par le réseau et la discrétion |
| Désaccord | Débat passionné valorisé | Désaccord en coulisses, confrontation proscrite |
Conseils pratiques
Votre premier mois à Monaco
- Identifiez les clubs et associations professionnelles à rejoindre : Monaco Economic Board, Junior Chamber International Monaco
- Soignez votre présentation personnelle : l’apparence compte énormément dans la Principauté
- Apprenez le calendrier événementiel : Grand Prix, Yacht Show, Rolex Masters, Gala de la Croix-Rouge
- Comprenez que Monaco n’est pas la Côte d’Azur : la Principauté a sa propre identité et ses propres codes
Réussir dans le milieu d’affaires monégasque
- Construisez votre réseau par des introductions personnelles, pas par le démarchage
- La discrétion est votre meilleur allié : ne parlez jamais des affaires de vos clients
- Investissez dans les relations de long terme : Monaco récompense la patience et la fidélité
- Participez aux événements caritatifs : ils sont au cœur du networking monégasque
Questions fréquentes
Les Français bénéficient-ils de l’exonération fiscale à Monaco ?
L’exception attachée à la nationalité française n’est pas générale : elle a ses conditions et ses exclusions. Sont imposables en France à l’impôt sur le revenu, comme s’ils y résidaient, les Français qui transportent à Monaco leur domicile ou leur résidence, et ceux qui ne pouvaient justifier de cinq ans de résidence habituelle à Monaco au 13 octobre 1962. Restent hors de cette règle les personnes faisant partie ou relevant de la maison souveraine, les fonctionnaires, agents et employés des services publics de la Principauté installés à Monaco avant le 13 octobre 1962, les Français nés à Monaco et y ayant constamment résidé depuis leur naissance, ceux qui y ont transféré et maintenu de manière permanente leur résidence habituelle avant le 13 octobre 1957, et, sous conditions, les personnes mariées à un ou une Monégasque, ou à un Français lui-même hors de ce champ. Les Français installés à Monaco à compter du 1er janvier 1989 relèvent par ailleurs de l’impôt sur la fortune immobilière français. Hors de cette exception, les Monégasques et les résidents de la Principauté ne sont pas soumis à un impôt sur le revenu.
Combien coûte l’immobilier à Monaco, et où habitent les personnes qui y travaillent ?
Le prix au mètre carré s’établit à 57 569 € en 2025, après 58 402 € en 2024, et il est estimé à 71 167 € au Larvotto. Le marché totalise 493 transactions pour 5,9 milliards d’euros. Ces prix portent sur les logements du secteur privé, hors villas et hors quartier de Monaco-Ville. Côté résidence, 81,5 % des salariés du secteur privé habitent en France, un salarié sur dix habite la Principauté, soit pratiquement 6 000 personnes, et 8,3 % vivent en Italie. Par commune, Nice arrive en tête avec plus de 16 000 salariés du secteur privé, devant Menton avec près de 7 300, puis Monaco avec 5 975. Les communes limitrophes sont Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin. Pour les achats courants, la TVA et les droits et taxes sur les boissons et les métaux précieux sont perçus sur les mêmes bases et aux mêmes taux qu’en France.
Comment se faire un réseau professionnel à Monaco ?
Le réseautage à Monaco passe par les clubs privés (Yacht Club, Monte-Carlo Country Club), les galas de charité, les événements sportifs et les associations professionnelles. Le démarchage direct est mal perçu. Faites-vous introduire par des tiers de confiance et investissez dans les relations de long terme.
Quelles langues faut-il parler pour travailler à Monaco ?
Le français est la langue officielle de l’État et la langue de travail dominante. L’anglais est d’usage courant dans la finance internationale, la gestion de patrimoine et le yachting. L’italien est largement présent : 14,0 % des salariés sont de nationalité italienne, après 62,5 % de Français. Le monégasque, langue historique de la Principauté, est présent à titre symbolique plutôt que comme langue de travail.
Quelles sont les erreurs les plus courantes des expatriés à Monaco ?
Les trois principales : 1) Manquer de discrétion en posant des questions sur la fortune ou les affaires des autres, 2) Adopter un style trop décontracté qui ne correspond pas à la formalité monégasque, 3) Tenter le démarchage direct au lieu de passer par le réseau d’introductions personnelles.
Quel est le marché de l’emploi à Monaco ?
Monaco compte 65 117 salariés en 2025, dont 5 393 dans le secteur public, pour 38 857 résidents au 31 décembre 2025, et 87,4 % des salariés ne résident pas dans la Principauté. Le secteur privé compte 3 698 employeurs hors employeurs de gens de maison, et le secteur tertiaire y représente 86,4 % de l’emploi, contre 13,6 % pour le secteur secondaire. Deux règles commandent l’accès à un emploi privé pour un candidat étranger. Un permis de travail est requis, et il ne vaut que pour la profession qu’il mentionne : tout changement d’employeur, de métier ou de profession suppose une nouvelle demande. Un ordre de priorité d’embauche s’applique ensuite : à défaut de travailleurs de nationalité monégasque, l’autorisation est délivrée d’abord aux étrangers mariés à une personne de nationalité monégasque ayant conservé sa nationalité et non légalement séparés, ainsi qu’aux étrangers nés d’un auteur monégasque ou adoptés par ce dernier, puis à ceux qui vivent en union libre dans les liens d’un contrat de vie commune avec un ou une Monégasque, puis aux père ou mère d’un enfant de nationalité monégasque, puis aux étrangers domiciliés à Monaco, puis aux étrangers domiciliés dans les communes limitrophes, autorisés à y travailler et ayant déjà exercé une activité professionnelle à Monaco, et seulement ensuite aux autres. Le recrutement passe aussi beaucoup par le réseau et les recommandations, ce qui amplifie l’effet de cet ordre.
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