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Irlandais (1re), anglais (2e)Langues officielles

Plus de 900 multinationales clientes d’IDA Ireland sont présentes sur l’île depuis plus de dix ans, parmi lesquelles Amazon, Google, Meta et Salesforce, aux côtés de l’industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux. L’île, et principalement Dublin, offre un cadre professionnel anglophone dans l’Union européenne, avec des recrutements dans les technologies, la finance, la pharmacie et les dispositifs médicaux. Du côté des entreprises, l’Irlande applique un impôt sur les sociétés de 12,5 % sur les revenus commerciaux et de 25 % sur les revenus non commerciaux ainsi que sur les revenus des activités qualifiées d’excepted trade. Depuis le 31 décembre 2023, un taux effectif minimum de 15 % s’applique en outre, sur une base juridictionnelle, aux groupes dont le chiffre d’affaires annuel consolidé est de 750 millions d’euros ou plus sur au moins deux des quatre exercices précédents.

Mais derrière l’apparente proximité avec la culture britannique se cachent des spécificités irlandaises fortes. La chaleur humaine, l’humour omniprésent, le rôle central du pub dans la vie professionnelle et une culture profondément égalitaire comptent parmi ces spécificités. Les Irlandais valorisent l’authenticité, le storytelling et les relations personnelles plutôt que les titres ou les diplômes.

Ce guide décrit les dimensions structurantes du monde professionnel irlandais et les repères pratiques qui permettent de situer les usages de travail locaux.

Entrer, séjourner et travailler en Irlande

L’Irlande est un État membre de l’Union européenne qui ne participe pas à l’espace Schengen. Elle applique sa propre politique de visas et forme avec le Royaume-Uni, les îles Anglo-Normandes et l’île de Man l’espace de voyage commun. Les permis d’emploi se demandent auprès du ministère de l’Entreprise, du Tourisme et de l’Emploi (Department of Enterprise, Tourism and Employment, DETE), et la permission d’immigration s’enregistre auprès de l’Immigration Service Delivery (ISD), service du ministère de la Justice. Les sept sections qui suivent couvrent l’entrée dans le pays, les permis d’emploi, l’enregistrement de la permission d’immigration, les garanties du droit du travail irlandais et la résidence fiscale.

1. Entrer en Irlande : une politique de visas propre, hors Schengen

L’essentiel

  • L’Irlande ne participe pas au volet frontières et visas de Schengen et conduit sa propre politique de visas : un visa Schengen n’est pas valable pour voyager en Irlande, et un visa britannique ne l’est pas davantage, hors les cas limités de programmes spécifiques.
  • Un citoyen de l’Union qui entre en Irlande présente un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité. Les personnes qui ne sont pas citoyennes de l’Union relèvent des règles de visa et de permission propres à leur nationalité, et la France figure parmi les nationalités dispensées de visa.
  • La liste publiée des nationalités compte 206 entrées, dont 126 soumises à obligation de visa et 80 dispensées. Ces entrées sont des nationalités et des catégories de documents, et non des États, ce qui interdit tout décompte en pays.
  • La dispense porte sur le visa uniquement : elle ne vaut ni permission d’entrer, qui reste accordée à la frontière par un agent d’immigration, ni autorisation de travailler. Même muni d’un visa valable pour l’Irlande, un voyageur peut se voir refuser l’entrée si l’agent n’est pas convaincu par ses documents ou ses explications.
  • La durée du séjour autorisé relève de l’appréciation de l’agent à la frontière, dans une limite de trois mois qui relève de la pratique publiée et non d’un plafond fixé par la loi. C’est le cachet apposé sur le passeport qui fixe cette durée, et non la validité du visa ni une durée déduite de la dispense de visa.
  • Le programme de dispense de visa court séjour permet de venir en Irlande sans visa irlandais sous trois conditions cumulatives : détenir un visa britannique de court séjour éligible, terminer la visite en Irlande avant la fin de la permission de séjour britannique, et détenir un passeport délivré par l’un des pays figurant sur la liste du programme. Pour les ressortissants de six pays, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar et le Pérou, seul un visa britannique de court séjour en cours de validité délivré avant le 1er février 2024 ouvre le bénéfice du programme, visas à entrées multiples compris. Le voyageur qui vient directement en Irlande ne peut pas l’invoquer, le séjour irlandais y est de 90 jours ou du temps restant sur la permission britannique, la plus courte des deux, et le programme est prévu jusqu’au 31 octobre 2026.

Entrées dispensées de visa, 80 sur 206

Cette catégorie comprend, entre autres, la France et les autres États membres de l’Union, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, la Malaisie, Singapour, Israël, les Émirats arabes unis et l’Ukraine. La dispense porte sur le visa uniquement : elle ne vaut ni permission d’entrer, qui reste accordée à la frontière, ni autorisation de travailler.

Entrées soumises à visa, 126 sur 206

La même table classe dans cette catégorie, entre autres, la Chine (République populaire), l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, la Fédération de Russie, la Türkiye, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce indique que le visa court séjour de type C couvre les visites de 90 jours ou moins et ne permet pas de rester au-delà de 90 jours, un visa de type D devant être demandé avant le départ pour un séjour plus long.

Programme de dispense de visa court séjour

Ce programme permet aux ressortissants de certains pays, entrés au Royaume-Uni sous couvert de certains visas britanniques de court séjour, de venir en Irlande sans visa irlandais. Les conditions se cumulent : détenir un visa britannique de court séjour éligible, terminer la visite en Irlande avant la fin de la permission de séjour britannique, et être titulaire d’un passeport délivré par l’un des pays figurant sur la liste officielle du programme. Les visas britanniques de visite de court séjour sont admis, à l’exception de ceux délivrés pour un transit et de ceux délivrés en vue d’un mariage ou de la conclusion d’un partenariat civil. Les titres de long séjour au Royaume-Uni ne permettent pas de bénéficier du programme, par exemple les visas d’études de longue durée et ceux délivrés pour rejoindre un conjoint ou au titre du regroupement familial. L’autorisation de voyage électronique britannique (ETA) est écartée : le ressortissant qui détient une ETA et non un visa britannique doit demander un visa irlandais distinct. Les ressortissants de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar et du Pérou n’en bénéficient que s’ils entrent au Royaume-Uni sous couvert d’un visa britannique de court séjour en cours de validité délivré avant l’introduction de l’ETA le 1er février 2024, y compris un visa à entrées multiples. Il faut avoir atterri au Royaume-Uni et y avoir été légalement admis sous couvert du visa britannique en cours avant d’entreprendre le voyage vers l’Irlande, et chaque période distincte de permission de séjour au Royaume-Uni, d’une durée maximale de 180 jours, suppose une entrée légale préalable au Royaume-Uni. La durée est de 90 jours ou du temps restant sur la permission britannique, la plus courte des deux. Le programme n’est pas réciproque : il ne permet pas d’entrer au Royaume-Uni, Irlande du Nord comprise, sur la foi d’un visa irlandais. Il est prévu jusqu’au 31 octobre 2026.

Le détail des textes et des sources

L’Irlande ne participe pas au volet frontières et visas de l’acquis de Schengen et conduit sa propre politique. Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce indique qu’un visa Schengen n’est pas valable pour voyager en Irlande, et qu’un visa britannique ne l’est pas davantage sauf dans les cas limités de programmes spécifiques. Le gouvernement irlandais rattache à cette non-participation une règle de document : parce que l’Irlande ne fait pas partie de l’accord de Schengen, tout citoyen de l’Union qui entre en Irlande présente un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité (page publiée le 7 décembre 2020 et mise à jour le 2 octobre 2025). L’Irlande ne participe pas non plus au système européen d’entrée et de sortie : sur une page mise à jour le 8 octobre 2025, ISD écrit que l’Irlande ne participant pas à l’EES, les voyageurs qui viennent directement en Irlande ne sont pas soumis aux exigences du dispositif.

La règle qui fonde les catégories de visas est statutaire. L’article 17 de l’Immigration Act 2004 permet au ministre de déclarer par arrêté les catégories de non-nationaux qui ne sont pas tenues de détenir un visa irlandais, pouvoir exercé par l’Immigration Act 2004 (Visas) Order 2014 (S.I. No. 473 of 2014) et ses modifications successives. La répartition opérationnelle, elle, est publiée par ISD sous la forme d’une table à deux colonnes, la nationalité et l’existence d’une obligation de visa, mise à jour le 14 mars 2025 et comptant 206 entrées, dont 126 soumises à obligation de visa et 80 dispensées. Les lignes de cette table sont des nationalités et des catégories de documents plutôt que des États souverains, ce qui interdit de les compter en pays. La France figure parmi les entrées dispensées, comme les autres États membres de l’Union, ce qui règle la question du visa pour un lecteur français sans rien dire du reste de la procédure.

Une réponse dispensée porte en effet sur le visa seul. L’autorisation d’entrer sur le territoire est un acte distinct, accompli à la frontière par un agent d’immigration en vertu de l’article 4 de l’Immigration Act 2004, qui lui permet de délivrer une permission, d’y attacher des conditions de durée et d’activité, et qui énumère à son paragraphe 4(3) douze motifs de refus. ISD écrit que même muni d’un visa valable pour l’Irlande, un voyageur peut se voir refuser l’entrée si l’agent n’est pas convaincu par ses documents ou ses explications, et que la durée de séjour accordée relève de la discrétion de l’agent, dans la limite de trois mois. Cette limite de trois mois est la pratique publiée par ISD et non un plafond fixé par la loi : l’article 4 ne fixe aucune durée maximale et renvoie la durée aux conditions posées par l’agent. C’est le cachet apposé sur le passeport qui fixe la durée du séjour autorisé.

Un court séjour n’ouvre aucun droit à travailler. L’article 7(1) de l’Employment Permits Act 2024, en vigueur depuis le 2 septembre 2024, interdit à un ressortissant étranger d’entrer au service d’un employeur en Irlande ou d’y être en emploi autrement qu’en conformité avec un permis d’emploi en vigueur. L’article 8(1) de la même loi écarte cette interdiction pour les catégories qu’il énumère, dont, à son point (e), le ressortissant étranger qui a le droit d’entrer dans l’État et d’y être en emploi en vertu des traités régissant l’Union européenne, catégorie dont relèvent les citoyens de l’Union et donc les ressortissants français, et ses mots introductifs réservent expressément les autres dispositions de la loi, de sorte que cette énumération n’est pas l’ensemble des cas de non-application. Le même raisonnement se retrouve à la frontière : depuis cette date, l’article 4(3)(b) de l’Immigration Act 2004 fait de l’intention de prendre un emploi dans l’État sans détenir de permis d’emploi valable l’un des motifs pour lesquels un agent d’immigration peut refuser une permission.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil en immigration au sens légal. L’examen d’une situation individuelle au regard des règles d’entrée et de visa relève d’un professionnel qualifié, avocat en droit de l’immigration.

2. L’espace de voyage commun avec le Royaume-Uni

L’essentiel

  • Les citoyens irlandais et les citoyens britanniques circulent librement et résident dans l’une ou l’autre juridiction, avec les droits associés, dont l’accès à l’emploi, aux soins de santé, à l’éducation, aux prestations sociales et le droit de vote à certaines élections.
  • Aucune démarche n’est requise des citoyens irlandais au Royaume-Uni ni des citoyens britanniques en Irlande pour préserver ce statut. Un citoyen britannique n’a besoin ni de visa, ni d’autorisation préalable, ni de titre de séjour, ni de permis d’emploi pour l’Irlande.
  • Chaque droit a sa propre condition et les conditions ne se transposent pas d’un droit à l’autre : travailler, y compris à titre indépendant, sans autorisation à obtenir ; soins de santé publics et logement social sous condition de résidence dans l’autre État ; sécurité sociale sous condition d’y résider ou d’y travailler ; éducation et formation sans condition de résidence.
  • Le vote aux élections locales et parlementaires nationales suppose de résider dans l’autre État, de s’inscrire auprès des autorités compétentes et d’avoir atteint l’âge de voter. Le Royaume-Uni n’étant plus membre de l’Union européenne, les citoyens britanniques résidant en Irlande ne votent plus aux élections au Parlement européen organisées en Irlande et n’y sont plus candidats.
  • La reconnaissance des qualifications professionnelles reste un engagement distinct, mis en œuvre selon le droit national de chaque État. Les droits énumérés reçoivent effet par le droit national de chaque État et ne sont pas énoncés comme des obligations juridiquement contraignantes.
  • Les membres de la famille proche et les personnes à charge d’un citoyen irlandais qui ne sont ni irlandais ni britanniques ne sont pas couverts, ressortissants de l’Union européenne ou non. Aucune autre personne n’est dispensée du contrôle de l’immigration irlandais, le franchissement de la frontière terrestre avec l’Irlande du Nord ne créant pas d’exception.
Le détail des textes et des sources

Le ministère irlandais des Affaires étrangères et du Commerce décrit l’espace de voyage commun comme l’arrangement en vertu duquel les citoyens irlandais et britanniques circulent librement et résident dans l’une ou l’autre juridiction, et bénéficient des droits associés, dont l’accès à l’emploi, aux soins de santé, à l’éducation, aux prestations sociales et le droit de vote à certaines élections (page publiée le 1er juillet 2022 et mise à jour le 11 octobre 2023). Le ministère introduit cette énumération par une formule d’inclusion et ne la présente donc pas comme complète. Il indique par ailleurs que l’espace de voyage commun est antérieur à l’adhésion de l’Irlande et du Royaume-Uni à l’Union européenne et n’en dépend pas, formulation reprise dans la déclaration conjointe des deux gouvernements du 8 mai 2019 comme dans le mémorandum d’entente du même jour, et qu’aucune démarche n’est requise des citoyens irlandais au Royaume-Uni ni des citoyens britanniques en Irlande pour préserver ce statut.

Le mémorandum d’entente signé à Londres le 8 mai 2019 énonce ces droits un par un, chacun avec sa propre condition, et ces conditions ne sont pas interchangeables. Il reconnaît aux citoyens irlandais au Royaume-Uni et aux citoyens britanniques en Irlande le droit de travailler, y compris à titre indépendant, sans aucune obligation d’obtenir une autorisation, tout en traitant la reconnaissance des qualifications professionnelles comme un engagement distinct, mis en œuvre conformément au droit national de chaque partie. L’accès aux soins de santé publics est conditionné à la résidence, les droits de sécurité sociale au fait de résider ou de travailler dans l’autre État, l’accès au logement social à la résidence. L’accès à l’éducation et à la formation n’est assorti d’aucune condition de résidence et son terme de comparaison diffère des autres : il est reconnu à des conditions non moins favorables que celles réservées aux citoyens de cet État, là où les autres droits sont énoncés sur la même base que pour les citoyens de cet État. Le droit de vote aux élections locales et parlementaires nationales suppose la résidence dans l’autre État : le mémorandum reconnaît au citoyen irlandais résidant au Royaume-Uni et au citoyen britannique résidant en Irlande le droit de s’inscrire pour ces élections auprès des autorités compétentes, puis, une fois l’âge de voter atteint, celui d’y voter, l’un et l’autre sur la même base que les citoyens de cet État.

Ce que l’arrangement ne confère pas se lit dans les mêmes textes. Le mémorandum indique de lui-même qu’il n’a pas pour objet de créer des obligations juridiquement contraignantes, et il renvoie au droit national de chaque partie le soin de donner effet aux droits énumérés. Sa portée personnelle est étroite : il vise les citoyens irlandais et britanniques, et le ministère des Affaires étrangères et du Commerce précise que les membres de la famille proche et les personnes à charge d’un citoyen irlandais qui ne sont ni irlandais ni britanniques, catégorie qui inclut selon lui aussi bien les membres de la famille ressortissants de l’Union que ceux qui ne le sont pas, ne sont pas couverts par l’espace de voyage commun. Un droit précis en est absent, et c’est le ministère du Logement, des Collectivités locales et du Patrimoine qui l’énonce : le Royaume-Uni n’étant plus membre de l’Union européenne, les citoyens britanniques résidant en Irlande n’ont plus le droit de voter ni de se porter candidats aux élections au Parlement européen organisées en Irlande. Enfin, l’arrangement ne dispense personne d’autre du contrôle de l’immigration irlandais.

Le franchissement de la frontière terrestre avec l’Irlande du Nord ne crée pas d’exception. L’article 4(5) de l’Immigration Act 2004 porte trois obligations distinctes, qui ne se déclenchent pas de la même manière. Son paragraphe (b) impose au non-national qui arrive autrement que par voie maritime ou aérienne de détenir un visa irlandais s’il n’en est pas dispensé. Son paragraphe (c) vise le seul non-national qui arrive dans l’État pour y exercer un emploi, une activité commerciale ou une profession : celui-là se présente en personne, dans les sept jours de son entrée, à un agent d’enregistrement, lui produit un passeport ou un document équivalent en cours de validité et lui fournit les informations que l’agent demande raisonnablement sur l’objet de sa venue. Son paragraphe (d) ne pose aucune condition tenant au motif de la venue : aucun non-national arrivé par cette voie ne peut demeurer plus d’un mois dans l’État sans permission du ministre, donnée par écrit par le ministre ou, en son nom, par un agent d’immigration, quel que soit l’objet de son séjour. Sur la portée géographique, la déclaration conjointe et le mémorandum décrivent un arrangement associant l’Irlande, le Royaume-Uni, les îles Anglo-Normandes et l’île de Man pour la libre circulation, tandis que les droits réciproques y sont énoncés entre l’Irlande et le Royaume-Uni seulement, et l’article 1(1) de l’Immigration Act 2004 comporte depuis le 12 juin 2026 une définition légale qui recouvre ces quatre territoires. Pour le travail, la conséquence est écrite par les deux administrations concernées : le ministère des Affaires étrangères et du Commerce indique qu’un citoyen britannique n’a besoin ni de visa, ni d’autorisation préalable, ni de titre de séjour, ni de permis d’emploi pour l’Irlande, et le DETE écrit que les citoyens britanniques peuvent travailler en Irlande sans permis d’emploi.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil en immigration au sens légal. L’application de ces règles à une situation familiale ou professionnelle déterminée relève d’un professionnel qualifié, avocat en droit de l’immigration.

3. Citoyens de l’Union, de l’EEE et de Suisse

L’essentiel

  • En règle générale, les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de Suisse n’ont besoin ni de visa ni d’une autre permission particulière pour venir en Irlande ou y séjourner. Cette règle n’est pas absolue : les membres de la famille qui ne sont pas ressortissants de l’EEE sont soumis à visa, les ressortissants de certains territoires d’outre-mer, possessions et régions administrés par des pays de l’Union ne bénéficient pas de la libre circulation au sein du marché unique, et les ressortissants d’Andorre, des îles Féroé, de Monaco, de Saint-Marin et du Vatican, placés hors du marché unique, peuvent avoir besoin d’une permission pour venir en Irlande, y entrer ou y séjourner.
  • À la frontière, le ressortissant de l’Union, de l’EEE ou de Suisse présente à l’agent d’immigration un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité. Les portiques automatiques de l’aéroport de Dublin sont ouverts aux voyageurs qui ont plus de 18 ans et qui détiennent un passeport biométrique ; les personnes de 18 ans ou moins et celles qui voyagent sous carte nationale d’identité en sont exclues.
  • Le séjour est possible jusqu’à trois mois, à deux conditions réunies : détenir une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité lorsque l’on est citoyen de l’Union, ou un passeport en cours de validité lorsque l’on ne l’est pas, et ne pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale.
  • Au-delà de trois mois, le séjour repose sur l’un des quatre fondements suivants : l’emploi ou l’activité indépendante, des ressources suffisantes assorties d’une assurance maladie complète pour soi-même et les membres de sa famille, les études suivies à titre principal dans un établissement accrédité ou financé par l’État, avec une assurance maladie complète et des ressources suffisantes pour soi-même et les membres de sa famille, ou la qualité de membre de la famille d’un citoyen de l’Union qui remplit l’une de ces conditions. Les ressources et l’assurance maladie sont exigées ensemble, l’une ne remplace pas l’autre. Lorsque le fondement du citoyen est celui des études, le séjour dérivé se limite au conjoint ou partenaire civil et aux enfants du citoyen ou de son conjoint ou partenaire civil, âgés de moins de 21 ans ou à charge.
  • Le membre de la famille qui n’est pas ressortissant de l’EEE est soumis à visa, sauf s’il détient et produit la carte de séjour de membre de la famille d’un citoyen de l’Union : ce document permet de voyager vers l’Irlande sans visa pour une durée n’excédant pas 90 jours, indépendamment du fait que le membre de la famille citoyen de l’Union l’accompagne ou le rejoigne. Il appartient au titulaire de vérifier auprès de l’autorité qui a délivré ce document qu’il répond bien à cette qualification, qui n’est pas garantie d’avance. La demande de carte de séjour se fait dans les trois mois suivant la date pertinente et, à défaut de demande dans ce délai, avant l’expiration d’un délai de quatre mois ; la décision intervient dans les six mois de la réception de la demande et le demandeur peut demeurer sur place dans l’attente de cette décision.
  • Après cinq ans de résidence continue et conforme aux conditions de séjour, le certificat de séjour permanent est facultatif pour le citoyen de l’Union, alors que la carte de séjour permanente est obligatoire pour le membre de la famille qui n’est pas ressortissant d’un État membre. Les résidences qui ne sont ni continues ni conformes à ces conditions, ainsi que les séjours de moins de cinq ans, restent hors de ce dispositif.

Emploi ou activité indépendante

Le citoyen de l’Union qui est en emploi ou en activité indépendante dans l’État peut y résider au-delà de trois mois. Le règlement de 2015 maintient ce fondement dans quatre situations de cessation d’activité, dont l’incapacité temporaire de travail résultant d’une maladie ou d’un accident, et le chômage involontaire dûment constaté après plus d’un an d’emploi, cette dernière situation supposant en outre l’inscription comme demandeur d’emploi auprès d’un bureau du ministère de la Protection sociale.

Ressources suffisantes et assurance maladie

Deux conditions cumulatives : disposer de ressources suffisantes pour soi-même et les membres de sa famille afin de ne pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale de l’État, et disposer d’une assurance maladie complète pour soi-même et les membres de sa famille. L’une ne remplace pas l’autre.

Études

Trois conditions cumulatives : être inscrit dans un établissement d’enseignement accrédité ou financé par l’État, à titre principal pour y suivre des études, disposer d’une assurance maladie complète pour soi-même et les membres de sa famille, et convaincre le ministre, par déclaration ou autrement, de disposer de ressources suffisantes pour soi-même et les membres de sa famille.

Membre de la famille d’un citoyen de l’Union

Le membre de la famille peut résider au-delà de trois mois lorsque le citoyen de l’Union remplit une ou plusieurs des conditions ci-dessus. Lorsque le fondement du citoyen est celui des études, le règlement restreint ce droit dérivé au conjoint ou partenaire civil et aux enfants du citoyen ou de son conjoint ou partenaire civil, âgés de moins de 21 ans ou à charge.

Le détail des textes et des sources

La libre circulation est mise en œuvre en droit irlandais par les European Communities (Free Movement of Persons) Regulations 2015 (S.I. No. 548 of 2015), entrées en vigueur le 1er février 2016 et prises pour donner plein effet à la directive 2004/38/CE. Le texte est construit autour des citoyens de l’Union : les ressortissants des États de l’Espace économique européen qui ne sont pas membres de l’Union y sont rattachés par son article 3(2), et la position suisse repose sur un autre instrument, l’European Communities and Swiss Confederation Act, 2001, dont le DETE indique qu’il dispense les ressortissants suisses de permis d’emploi. ISD énonce la règle générale avec sa propre réserve : en règle générale, les citoyens des pays du marché unique n’ont besoin ni de visa ni d’autre permission particulière pour venir en Irlande ou y séjourner. À la frontière, ISD indique qu’un ressortissant de l’Union, de l’EEE ou de Suisse présente à l’agent d’immigration son passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité, et que les portiques automatiques de l’aéroport de Dublin sont ouverts à ceux qui remplissent deux conditions cumulatives, avoir plus de 18 ans et détenir un passeport biométrique. Un citoyen de l’Union n’enregistre pas de permission d’immigration.

Le règlement de 2015 fixe le droit de séjour et ses conditions. Une personne qui relève de son article 3(1) peut résider dans l’État jusqu’à trois mois, l’instrument écrivant trois mois et non 90 jours, à deux conditions cumulatives : détenir une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité lorsqu’elle est citoyenne de l’Union, ou un passeport en cours de validité lorsqu’elle ne l’est pas, et ne pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale de l’État. Le même texte est plus protecteur à la frontière que le droit commun : un citoyen de l’Union muni d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport ne peut se voir refuser l’entrée que pour deux motifs, une maladie figurant à son annexe 1 ou un danger pour l’ordre public ou la sécurité publique tenant à un comportement personnel qui représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société.

L’État irlandais publie lui-même les limites de ce régime. ISD écrit que les citoyens de certains territoires d’outre-mer, possessions et autres régions administrés par des pays de l’Union européenne ne bénéficient pas de la libre circulation au sein du marché unique, sans nommer lesquels, et aucune page de l’État irlandais consultée ne les énumère. ISD place par ailleurs cinq États européens hors du marché unique, Andorre, les îles Féroé, Monaco, Saint-Marin et le Vatican, en indiquant que leurs ressortissants peuvent avoir besoin d’une permission pour venir en Irlande, y entrer ou y séjourner. Être hors du marché unique et être soumis à visa restent deux questions distinctes : Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican figurent parmi les entrées dispensées de visa de la table ISD, tandis que les îles Féroé ne figurent dans cette table sous aucune des deux colonnes, et aucune source de l’État irlandais consultée n’indique comment sont traités les documents de voyage féroïens.

Le membre de la famille qui n’est pas ressortissant de l’EEE relève de deux séries de règles distinctes. Pour le voyage, ISD écrit qu’il est un ressortissant soumis à visa pour l’Irlande, sauf s’il détient le document intitulé Residence card of a family member of a Union citizen visé aux articles 5(2) et 10(1) de la directive 2004/38/CE, auquel cas il peut voyager vers l’État sans visa pour une durée n’excédant pas 90 jours, indépendamment du fait que le membre de la famille citoyen de l’Union l’accompagne ou le rejoigne. ISD ajoute que la charge de produire ce document pèse sur son titulaire, et invite à vérifier auprès de l’autorité qui l’a délivré si le document entre bien dans la définition de la directive telle qu’elle est transposée par cet État membre. Le règlement de 2015 attache par ailleurs à ce statut des facilités qui jouent en faveur de l’intéressé : son article 4(3) oblige le ministre à accorder au membre de la famille que le texte appelle qualifying family member toutes facilités pour obtenir un visa irlandais, à examiner sa demande selon une procédure accélérée et, s’il décide de délivrer le visa, à le délivrer sans frais, et son article 4(4) interdit à l’agent d’immigration d’apposer, au point d’entrée, un cachet sur le passeport de ce membre de la famille lorsqu’il lui présente une carte de séjour en cours de validité.

Pour le séjour, le règlement de 2015 impose une démarche que le citoyen de l’Union n’a pas à accomplir, et il l’écrit avec deux verbes différents : le membre de la famille qui n’est pas ressortissant d’un État membre peut demander une carte de séjour au ministre dans les trois mois suivant la date pertinente, et doit la demander, lorsqu’aucune demande n’a été faite dans ce délai, avant l’expiration d’un délai de quatre mois. Le ministre statue dans les six mois de la réception de la demande, et le demandeur peut demeurer dans l’État dans l’attente de la décision. La même asymétrie se retrouve au bout de cinq ans de résidence continue conforme au règlement : le certificat de séjour permanent est facultatif pour le citoyen de l’Union, alors que la carte de séjour permanente est obligatoire pour le membre de la famille qui n’est pas ressortissant d’un État membre.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil en immigration au sens légal. La qualification d’une situation familiale au regard de la directive 2004/38/CE et du règlement irlandais de 2015 relève d’un professionnel qualifié, avocat en droit de l’immigration.

4. Ressortissants hors EEE : le régime des permis d’emploi

L’essentiel

  • Un ressortissant hors EEE qui travaille en Irlande détient un permis d’emploi en cours de validité, sauf cas d’exemption, l’énumération des exemptions n’étant pas exhaustive. Les ressortissants de l’EEE sont hors du champ de ce régime.
  • Pour le General Employment Permit, les emplois sont tenus pour éligibles sauf mention contraire, et dans la plupart des cas une demande ne peut pas être déposée pour les emplois relevant des catégories exclues, sous réserve des exceptions prévues.
  • Pour le Critical Skills Employment Permit, les emplois éligibles sont spécifiés, et un second cas d’éligibilité s’ouvre aux emplois qui ne figurent pas sur la liste des emplois exclus dès lors que la rémunération annuelle atteint un seuil minimal.
  • La liste des emplois exclus ne s’applique ni au Dependant Employment Permit ni au Reactivation Employment Permit, pourvu que l’emploi ne s’exerce pas au domicile privé, certains aidants exceptés, et qu’il ne soit pas contraire à l’intérêt public. Pour ces deux permis, les emplois ouverts sont tous ceux autres que celui de travailleur domestique.
  • Pour le General Employment Permit et le Contract for Services Employment Permit, un test des besoins du marché du travail est exigé dans la plupart des cas. Lorsqu’il l’est, l’offre est publiée sur deux supports, d’une part auprès des services publics de l’emploi et du réseau EURES, d’autre part sur une seconde plateforme en ligne, chacun pendant 28 jours continus au minimum, la demande étant déposée dans les 90 jours suivant la première publication, ou dans les 120 jours lorsque l’offre émane d’un établissement académique ou d’enseignement supérieur.
  • Le permis d’emploi ne vaut pas permission de résider : l’entrée dans l’État reste soumise aux contrôles d’immigration ordinaires au point d’entrée et à l’appréciation de l’agent d’immigration. Pour les nationalités soumises à visa, la demande de visa d’emploi intervient après la délivrance du permis.
Le détail des textes et des sources

Le DETE écrit que pour travailler en Irlande, un ressortissant hors EEE doit détenir un permis d’emploi en cours de validité sauf s’il en est exempté, la réserve tenant à l’exemption étant celle du ministère lui-même. Le régime est porté par l’Employment Permits Act 2024 (n° 17 de 2024), qui a abrogé les Employment Permits Acts de 2003 et de 2006. Sa mise en vigueur s’est faite en deux temps : le S.I. No. 443 of 2024 a fixé au 2 septembre 2024 l’entrée en vigueur de l’essentiel du texte, à l’exception des dispositions relatives au permis saisonnier, et le S.I. No. 32 of 2025 a fixé au 19 février 2025 celle du reste. L’intégralité de la loi est donc en vigueur, étant précisé qu’un jeu de modifications de son article 8, introduites par l’International Protection Act 2026, figure au recueil des lois sans être entré en vigueur.

Le DETE indique que l’Employment Permits Act 2024, tel que modifié, permet la délivrance de neuf types de permis d’emploi, et il en décrit neuf : le Critical Skills Employment Permit, le Dependant/Partner/Spouse Employment Permit, l’Intra-Company Transfer Employment Permit, le General Employment Permit, le Contract for Services Employment Permit, le Reactivation Employment Permit, l’Internship Employment Permit, le Sport and Cultural Employment Permit et l’Exchange Agreement Employment Permit. Ce compte de neuf est celui du DETE. La loi, à son article 9(2), énumère pour sa part dix finalités pour lesquelles un permis d’emploi peut être délivré, la dixième étant le permis d’emploi saisonnier, dont la disposition est entrée en vigueur le 19 février 2025 par le S.I. No. 32 of 2025 et que les Employment Permits (Amendment) (Seasonal Employment) Regulations 2025 (S.I. No. 33 of 2025), en vigueur le même jour, encadrent par un régime d’employeurs saisonniers agréés. Le DETE ne publie pas de page consacrée à ce permis et son barème de droits n’en comporte pas de ligne.

Les deux listes d’emplois qui commandent l’éligibilité fonctionnent en sens inverse l’une de l’autre, et le DETE le formule ainsi : à la différence des Critical Skills Employment Permits, pour lesquels les emplois éligibles sont spécifiés, les General Employment Permits tiennent tous les emplois pour éligibles sauf spécification contraire, de sorte que tout emploi est éligible sauf s’il est exclu par l’Ineligible List of Occupations for Employment Permits. La Critical Skills Occupations List n’est pas pour autant la seule porte d’entrée du permis Critical Skills : le règlement ouvre un second cas d’éligibilité à tous les emplois qui ne figurent pas sur la liste des emplois exclus, au-delà d’un seuil de rémunération annuelle minimale qu’il fixe lui-même. Le DETE assortit de son côté la liste des emplois exclus de ses propres réserves, en indiquant que tous les emplois relevant des catégories listées ne sont pas nécessairement inéligibles, que dans la plupart des cas une demande ne peut pas être déposée pour les emplois visés, sous réserve des exceptions qu’il liste, et que cette liste ne s’applique ni au Dependant Employment Permit ni au Reactivation Employment Permit, pourvu que l’emploi ne s’exerce pas au domicile privé, réserve dont le DETE excepte lui-même certains aidants, et qu’il ne soit pas contraire à l’intérêt public. Les deux listes sont des annexes réglementaires, dont la rédaction en vigueur résulte des Employment Permits (Amendment) Regulations 2026 (S.I. No. 213 of 2026), applicables depuis le 13 mai 2026.

Un permis d’emploi n’est ni un visa ni une permission de séjour, et l’ordre des étapes est celui que décrivent les deux administrations. Le DETE écrit qu’un permis d’emploi ne vaut pas permission de résider, que toute personne souhaitant entrer dans l’État reste soumise aux contrôles d’immigration ordinaires au point d’entrée, et que l’entrée dans l’État relève toujours de la discrétion de l’agent d’immigration ; ISD écrit de son côté que le permis, délivré par le DETE, précède la demande de visa d’emploi, laquelle ne concerne que les nationalités soumises à visa. Pour le General Employment Permit et le Contract for Services Employment Permit, le DETE écrit qu’un test des besoins du marché du travail est exigé dans la plupart des cas, et il publie les exceptions séparément, sur la page propre à chacun de ces deux permis, sans que les deux listes coïncident. Trois cas figurent sur les deux pages. Les deux premiers procèdent du même texte, l’article 9 des Employment Permits Regulations 2024 (S.I. No. 444 of 2024), qui vise expressément les demandes portant sur l’un ou l’autre de ces permis et qui écarte l’obligation de publication préalable, d’une part pour les emplois de son annexe 3, celle que le DETE publie sous le nom de Critical Skills Occupations List, d’autre part pour tous les autres emplois qui ne figurent pas à son annexe 4, l’Ineligible List of Occupations for Employment Permits, et dont la rémunération annuelle atteint le montant minimal que ce même article fixe. Le DETE écrit de son côté, sur la page du General Employment Permit, qu’aucun permis d’emploi ne peut être délivré pour un emploi figurant sur cette liste quelle que soit la rémunération ; cet énoncé se lit avec la réserve que le même ministère publie sur la page de la liste elle-même et qui est rapportée plus haut, la liste ne s’appliquant ni au Dependant Employment Permit ni au Reactivation Employment Permit, permis pour lesquels les articles 31 et 57 du même règlement ouvrent tous les emplois autres que celui de travailleur domestique. Le troisième de ces cas communs est l’offre ayant fait l’objet d’une recommandation d’Enterprise Ireland ou d’IDA Ireland, ce cas ne valant que pour les entreprises clientes de ces agences. Les deux pages du DETE s’arrêtent à cette recommandation, tandis que l’article 23(6) de la loi de 2024 y joint, par la conjonction et, une seconde exigence : que le ministre soit convaincu, au vu de cette recommandation, que la délivrance du permis contribuera au développement de l’emploi dans l’État. C’est la formulation de la loi qui est retenue ici, une exception énoncée sans l’une de ses conditions étant une exception plus large que celle que le texte prévoit. La page du General Employment Permit en publie deux autres, que celle du Contract for Services Employment Permit ne reprend pas : l’emploi d’aidant auprès d’une personne aux besoins médicaux exceptionnels, cas que l’article 23(7)(c) de la loi de 2024 subordonne à la conviction du ministre sur chacun des points qu’il énumère, que le ressortissant étranger ait prodigué des soins à cette personne avant le dépôt de la demande, que celle-ci ait développé un niveau élevé de dépendance à son égard, que l’emploi ne soit pas un emploi visé par les règlements pris en application de l’article 47(2)(c) et que, au regard de la situation de la personne aidée comme de celle du ressortissant, il ne soit pas approprié de publier un avis relatif à l’offre de cet emploi, le DETE n’en publiant pour sa part que les points relatifs aux soins antérieurs et au niveau de dépendance ; et l’offre faite au ressortissant hors EEE qui détenait un General Employment Permit et a été licencié pour suppression de poste, ce que le DETE appelle redundancy, le ministère subordonnant ce cas à un licenciement intervenu dans les six mois précédents et à une information du ministère dans les quatre semaines suivant la date du licenciement, l’article 45(1) de la loi de 2024 réservant au demeurant ce dernier cas au ressortissant auquel un General Employment Permit a été délivré. Lorsque le test est exigé, l’offre est publiée à la fois auprès des services de l’emploi du ministère de la Protection sociale et du réseau EURES et sur une seconde plateforme en ligne, chacune pendant 28 jours continus au minimum, la demande de permis devant être déposée dans les 90 jours de la première publication, ou dans les 120 jours lorsque l’auteur de l’offre d’emploi est un établissement académique ou d’enseignement supérieur. Enfin, l’article 8(1) de la loi de 2024 énumère les personnes auxquelles l’obligation de permis ne s’applique pas, mais ses mots introductifs réservent expressément les autres dispositions de la loi, de sorte que cette énumération n’est pas l’ensemble des cas de non-application.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil en immigration au sens légal. Le choix du permis adapté à un projet professionnel et la vérification de l’éligibilité d’un emploi relèvent d’un professionnel qualifié, avocat en droit de l’immigration.

5. Conditions d’emploi : ce que la loi irlandaise garantit

L’essentiel

  • Les garanties du droit du travail irlandais sont attachées à la qualité de salarié travaillant en Irlande, indépendamment de la nationalité. Tout salarié reçoit, au plus tard cinq jours après le début de la relation de travail, un écrit portant les mentions essentielles de celle-ci, y compris s’il compte moins de quatre semaines consécutives de service continu ; l’état complet des conditions d’emploi lui est remis dans le mois, pour un emploi dans lequel il compte au moins quatre semaines consécutives de service continu. Les règles de durée du travail, de repos, de pauses et de congé annuel ne visent pas, sauf extension décidée par le ministre, les personnes exerçant la pêche maritime ou un autre travail en mer, les médecins en formation, les personnes employées par un proche dont elles sont membres du ménage ou par leur partenaire civil lorsque leur lieu de travail est l’habitation ou la ferme où elles résident avec lui, ni celles qui déterminent elles-mêmes la durée de leur travail ; les membres de la police nationale et, dans les circonstances prévues, des forces de défense sont hors de l’ensemble de ces règles, jours fériés compris.
  • L’employeur ne peut permettre à un salarié de travailler plus de 48 heures en moyenne par période de sept jours, cette moyenne étant calculée sur une période de référence qui n’excède pas quatre mois. Cette période est portée à six mois dans les cas prévus ; elle ne va au-delà, dans la limite de douze mois, que pour un salarié employé dans une activité dont la durée hebdomadaire varie selon les saisons, ou pour laquelle le respect de la limite ne serait pas praticable en raison de considérations d’ordre technique, tenant aux conditions dans lesquelles le travail est organisé, ou d’une autre nature objective, et seulement lorsqu’une convention collective approuvée, en vigueur à son égard, le prévoit.
  • Le salarié bénéficie d’un repos de onze heures consécutives par période de vingt-quatre heures pendant laquelle il travaille pour son employeur, et d’au moins vingt-quatre heures consécutives par période de sept jours, l’employeur pouvant accorder en lieu et place, au cours de la période de sept jours suivante, deux repos d’au moins vingt-quatre heures consécutives chacun. L’employeur ne peut faire travailler plus de quatre heures trente sans une pause d’au moins quinze minutes, ni plus de six heures sans une pause d’au moins trente minutes, la seconde pouvant inclure la première et une pause accordée en fin de journée ne satisfaisant aucune de ces deux obligations. Ces repos et ces pauses ne sont écartés par une convention collective approuvée ou un accord d’emploi enregistré que si l’instrument le prévoit lui-même, et ils peuvent l’être par règlement pour les activités visées ; le repos quotidien ou le repos hebdomadaire, ou les deux selon le cas, sont en outre écartés en travail posté, à chaque changement de poste où ce repos ne peut être pris, et ces deux repos sont écartés dans les activités, autres que celles qu’un règlement peut prescrire, faites de périodes de travail réparties sur la journée. L’employeur n’est pas tenu de les respecter lorsque des circonstances exceptionnelles ou une urgence dont les conséquences ne pouvaient être évitées malgré toute la diligence requise, ou des circonstances inhabituelles et imprévisibles échappant à son contrôle, rendent leur respect impraticable, un repos compensateur restant dû.
  • Le congé annuel est de quatre semaines de travail, le droit correspondant au résultat le plus élevé de trois modes de calcul : quatre semaines de travail pour une année de congés au cours de laquelle le salarié travaille au moins 1 365 heures, sauf année de congés au cours de laquelle il change d’emploi ; un tiers de semaine de travail par mois durant lequel il travaille au moins 117 heures ; ou 8 % des heures travaillées dans l’année, dans la limite de quatre semaines. Un jour d’absence pour maladie couvert par un certificat médical est réputé travaillé pour ce calcul, à la différence d’une absence non couverte par un certificat. Il y a dix jours fériés par an, pour chacun desquels l’employeur choisit entre un jour de congé payé ce jour-là, un jour de congé payé dans le mois, un jour de congé annuel supplémentaire ou une journée de salaire supplémentaire ; le salarié qui n’est pas à temps plein n’y a droit que s’il a travaillé au moins 40 heures pour cet employeur au cours des cinq semaines précédentes.
  • Le taux horaire du salaire minimum national est de 14,15 € depuis le 1er janvier 2026. Des taux réduits, égaux à 70, 80 et 90 % de ce taux, s’appliquent respectivement aux salariés de moins de 18 ans, de 18 ans et de 19 ans, et ce taux ne couvre ni la rémunération de certains proches de l’employeur ni celle des apprentis. Des planchers de rémunération plus élevés existent selon les secteurs.
  • Le congé de maladie légal est de cinq jours par an. Il suppose treize semaines de service continu et un certificat médical, le service accompli avant une rupture étant réputé continu avec celui accompli après elle lorsque le salarié redevient salarié du même employeur dans les vingt-six semaines. Il est rémunéré à hauteur de 70 % de la rémunération journalière habituelle, dans la limite de 110 € par jour, et les obligations légales sont écartées à l’égard de l’employeur qui offre à ses salariés un régime de congé de maladie dont les termes confèrent, sur la période de référence que ce régime définit, des avantages globalement plus favorables au salarié.

Adhésion automatique à l’épargne retraite

Le système d’adhésion automatique à l’épargne retraite est entré en application le 1er janvier 2026. L’affiliation suppose de remplir toutes les conditions suivantes : avoir au moins 23 ans et moins de 60 ans au dernier jour de la période de paie, occuper un emploi qui n’est pas un emploi exempté, et percevoir sur cette période, tous emplois confondus, une rémunération brute totale au moins égale au seuil de rémunération, soit 20 000 € lorsque la période de paie est l’année. Un emploi est exempté lorsque des cotisations sont versées à un régime de retraite qualifiant. Les taux du salarié et de l’employeur sont identiques et progressent par paliers, de 1,5 % au cours des trois premières années à 6 % au-delà de la neuvième, l’État versant respectivement 0,5 % et 2 %. Ces taux jouent sous un plafond de rémunération : aucune cotisation n’est due sur la part de la rémunération brute qui, ajoutée à la rémunération brute totale perçue depuis le début de l’exercice dans les emplois qui ne sont pas exemptés, dépasse 80 000 €. Le participant peut par ailleurs suspendre sa participation, la suspension ne pouvant prendre effet moins de six mois après la date d’affiliation ou de réaffiliation, ni moins de six mois après la fin d’une suspension antérieure.

Période d’essai

La période d’essai est plafonnée à six mois, et à douze mois pour un agent public. Une durée plus longue n’est admise qu’à titre exceptionnel et à deux conditions cumulatives, ne pas dépasser douze mois et être dans l’intérêt du salarié. Ce plafond ne s’applique pas au salarié couvert par une convention collective approuvée par la Labour Court ou par un accord d’emploi enregistré qui traite de cette matière, ni à quatre catégories : les membres de la magistrature, les retained fire fighters, sapeurs-pompiers employés à temps partiel par une autorité d’incendie et rémunérés par une indemnité de disponibilité en plus des vacations, les membres de la Permanent Defence Force et les membres de la Garda Síochána. Sous contrat à durée déterminée, la période d’essai doit être proportionnée à la durée attendue du contrat et à la nature du travail, et aucune nouvelle période d’essai n’est possible en cas de renouvellement portant sur les mêmes fonctions et les mêmes tâches.

Préavis minimal

La législation sur le préavis minimal s’applique au salarié comptant au moins treize semaines de service continu et fixe un barème selon l’ancienneté, une semaine en deçà de deux ans, deux semaines de deux à cinq ans, quatre semaines de cinq à dix ans, six semaines de dix à quinze ans et huit semaines au-delà. Ce barème est un plancher : une clause contractuelle plus courte produit effet comme si elle était alignée sur lui. De son côté, le salarié comptant treize semaines de service continu doit un préavis d’une semaine, sauf durée plus longue prévue au contrat.

Licenciement abusif

L’Unfair Dismissals Act 1977 répute abusif le licenciement d’un salarié, sauf motifs substantiels le justifiant au regard de l’ensemble des circonstances. La loi ne s’applique en principe qu’au salarié comptant au moins un an de service continu, mais cette condition d’ancienneté est écartée dans plusieurs cas, dont le licenciement résultant de la grossesse ou de l’exercice de droits liés à la maternité, à l’adoption, au congé parental ou au congé d’aidant, de l’appartenance ou de l’activité syndicale, ou de l’exercice de droits tirés du National Minimum Wage Act 2000. La Workplace Relations Commission compile ces cas à partir de plusieurs lois, de sorte que cette énumération n’est pas donnée comme complète.

Droit de demander le télétravail

La partie 3 du Work Life Balance and Miscellaneous Provisions Act 2023, en vigueur depuis le 6 mars 2024, ouvre un droit de demander le télétravail et non un droit de l’obtenir. La demande est écrite, signée, motivée et déposée au plus tard huit semaines avant le début envisagé de l’arrangement, l’employeur y répond au plus tard quatre semaines après réception et peut prolonger ce délai de huit semaines au plus. La condition de six mois de service continu porte sur le moment où l’arrangement peut commencer et non sur le dépôt de la demande. L’article 27(6) interdit à l’adjudication officer comme à la Labour Court d’apprécier le bien-fondé de la décision ou du refus de l’employeur.

Le détail des textes et des sources

La législation irlandaise du travail attache ses garanties à la qualité de salarié travaillant en Irlande, indépendamment de la nationalité. Deux obligations d’information pèsent sur l’employeur, avec deux délais et deux listes distinctes. L’article 3(1A) du Terms of Employment (Information) Act 1994, inséré par l’article 7 de l’Employment (Miscellaneous Provisions) Act 2018 entré en vigueur le 4 mars 2019, impose de remettre au salarié, au plus tard cinq jours après le début de la relation de travail, un écrit portant les mentions essentielles, dont l’identité des parties, la durée attendue d’un contrat temporaire, la rémunération et sa périodicité, le nombre d’heures que l’employeur attend raisonnablement par journée et par semaine de travail normales, le lieu de travail et, le cas échéant, la durée et les conditions de la période d’essai. L’article 3(1) impose ensuite un état complet des conditions d’emploi dans le mois, délai ramené de deux mois à un mois par les European Union (Transparent and Predictable Working Conditions) Regulations 2022 (S.I. No. 686 of 2022). La loi précise sa propre portée : à l’exception de l’article 3(1A), elle ne s’applique pas à un emploi dans lequel le salarié compte moins de quatre semaines consécutives de service continu.

L’Organisation of Working Time Act 1997 fixe la durée du travail et les repos. L’employeur ne peut permettre à un salarié de travailler plus de 48 heures en moyenne par période de sept jours, moyenne calculée sur une période de référence qui n’excède pas quatre mois. La loi porte cette période à six mois dans les cas qu’elle énumère, l’emploi dans une activité visée au point 2.1 du paragraphe 2 de l’article 17 de la directive du Conseil, et le cas où, en raison de l’un des motifs de son article 5, il ne serait pas praticable pour l’employeur de respecter la limite si la période de référence n’excédait pas quatre mois. Elle ne l’étend au-delà que pour le salarié employé dans une activité visée à son article 15(5), c’est-à-dire une activité dont la durée hebdomadaire de travail varie selon les saisons, ou une activité pour laquelle il ne serait pas praticable à l’employeur de respecter la limite en raison de considérations d’ordre technique, tenant aux conditions dans lesquelles le travail est organisé, ou d’une autre nature objective : pour ce salarié seulement, une convention collective en vigueur à son égard et approuvée par la Labour Court en application de l’article 24 peut fixer une période de référence plus longue, sans qu’elle puisse dépasser douze mois. Le salarié a droit à un repos de onze heures consécutives par période de vingt-quatre heures pendant laquelle il travaille pour son employeur. L’article 13(2) lui accorde en outre, sous réserve de l’article 13(3), un repos d’au moins vingt-quatre heures consécutives par période de sept jours, l’article 13(3) permettant à l’employeur d’accorder en lieu et place, au cours de la période de sept jours suivante, deux repos d’au moins vingt-quatre heures consécutives chacun. Les pauses, elles, sont énoncées par la loi comme des interdictions faites à l’employeur : il ne peut exiger plus de quatre heures trente de travail sans accorder une pause d’au moins quinze minutes, ni plus de six heures sans accorder une pause d’au moins trente minutes, cette seconde pause pouvant inclure la première, de sorte que les deux durées ne s’additionnent pas. Une pause accordée en fin de journée de travail ne satisfait ni l’une ni l’autre de ces deux obligations. Ces trois articles, sur le repos quotidien, les pauses et le repos hebdomadaire, ne sont pas écartés par le seul fait qu’un salarié est couvert par une convention collective approuvée par la Labour Court ou par un accord d’emploi enregistré : l’article 4(5) ne les écarte que si l’instrument prévoit lui-même qu’ils ne s’appliqueront pas aux salariés qu’il vise, et l’article 4(6) se borne à permettre à un employment regulation order de comporter une telle stipulation. Le même article 4 ouvre d’autres voies, qui ne portent pas toutes sur les trois articles : l’article 11 ou l’article 13, ou les deux selon le cas, sont écartés pour la personne employée en travail posté, à chaque changement de poste où elle ne peut prendre le repos qu’ils prévoient, les articles 11 et 13 le sont pour la personne employée dans une activité, autre que celles qu’un règlement peut prescrire, faite de périodes de travail réparties sur la journée, et le ministre peut par règlement exempter de l’application des articles 11, 12, 13, 16 ou 17 les activités visées au point 2.1 du paragraphe 2 de l’article 17 de la directive du Conseil. L’article 5 y ajoute une dispense tenant aux circonstances : l’employeur n’est pas tenu de respecter ces obligations lorsque des circonstances exceptionnelles ou une urgence, dont les conséquences ne pouvaient être évitées malgré toute la diligence requise, ou des circonstances inhabituelles et imprévisibles échappant à son contrôle, rendent leur respect impraticable. La loi réserve dans chacun de ces cas son article 6 sur le repos compensateur. L’article 3 de la loi énonce enfin le champ de ces règles, et il l’énonce sous réserve de son paragraphe (4), qui permet au ministre d’appliquer par arrêté telle ou telle disposition de la partie II à une catégorie de personnes qu’il en écarte. Sous cette réserve, la partie II, qui porte ces règles, ne s’applique pas aux personnes exerçant la pêche maritime ou un autre travail en mer, aux médecins en formation, aux personnes employées par un proche au sens que l’article 3(6) donne à ce terme, conjoint, ascendant, descendant, frère ou sœur et les autres liens qu’il énumère, dont elles sont membres du ménage, ou par leur partenaire civil, lorsque leur lieu de travail est l’habitation privée ou la ferme où elles résident avec ce proche ou ce partenaire, et aux personnes qui déterminent elles-mêmes la durée de leur travail. Le même article écarte par ailleurs, sous la même réserve, l’application de la loi entière, et donc de la partie II, aux membres de la Garda Síochána et, dans les circonstances qu’il énumère, aux membres des Defence Forces.

Le congé annuel de droit commun est de quatre semaines de travail. L’article 19(1) de la loi de 1997 en donne trois modes de calcul alternatifs, quatre semaines de travail pour une année de congés durant laquelle le salarié travaille au moins 1 365 heures, sauf s’il s’agit d’une année de congés au cours de laquelle il change d’emploi, un tiers de semaine de travail par mois durant lequel il travaille au moins 117 heures, ou 8 % des heures travaillées dans l’année dans la limite de quatre semaines, le droit correspondant à la plus élevée des durées ainsi obtenues. Un jour d’absence pour maladie couvert par un certificat médical est réputé travaillé pour ce calcul. La Workplace Relations Commission indique que tous les salariés, à temps plein, à temps partiel, temporaires ou occasionnels, acquièrent des droits à congé dès le début de leur emploi. La même Commission écrit qu’il y a dix jours fériés par an en Irlande : neuf figurent à la deuxième annexe de la loi de 1997 et le dixième, le premier lundi de février, a été prescrit par les articles 4 et 5 du S.I. No. 50 of 2022, l’article 5 retenant le 1er février lorsque cette date tombe un vendredi. Pour chaque jour férié, l’article 21(1) laisse à l’employeur le choix entre quatre modalités, un jour de congé payé ce jour-là, un jour de congé payé dans le mois, un jour de congé annuel supplémentaire ou une journée de salaire supplémentaire, et un salarié qui n’est pas à temps plein n’y a droit que s’il a travaillé au moins 40 heures pour cet employeur au cours des cinq semaines précédentes. Ce choix a sa contrepartie dans le même article : l’article 21(2) permet au salarié de demander, au plus tard vingt et un jours avant le jour férié, que l’employeur arrête cette détermination et la lui notifie au moins quatorze jours avant ce jour, et l’article 21(3) répute l’employeur qui ne défère pas à cette demande avoir déterminé le droit du salarié comme un jour de congé payé le jour férié lui-même, ou, dans le cas visé par la réserve de l’article 21(1), comme une journée de salaire supplémentaire.

Le salaire minimum national est fixé par arrêté. Le National Minimum Wage Order 2025 (S.I. No. 472 of 2025) porte le taux horaire à 14,15 € à compter du 1er janvier 2026, et un arrêté de 2019 fixe les taux applicables aux salariés de moins de 18 ans, de 18 ans et de 19 ans à 70, 80 et 90 % de ce taux. Le National Minimum Wage Act 2000 exclut de son champ la rémunération de certains proches de l’employeur et celle des apprentis au sens des lois de 1967 et de 1987, et des planchers plus élevés existent par secteur, fixés par sectoral employment orders et par employment regulation orders. Le congé de maladie légal est de cinq jours par an. Le Sick Leave Act 2022 en prévoit trois et autorise le ministre à les augmenter par arrêté, dans la limite de trois jours par arrêté, et un seul arrêté a été pris, le S.I. No. 10 of 2024, qui porte le droit à cinq jours à compter du 1er janvier 2024. Ce droit suppose treize semaines de service continu et un certificat médical, et il est rémunéré au plus faible de 110 € ou de 70 % de la rémunération journalière habituelle, selon l’un des trois modes de calcul du S.I. No. 607 of 2022. Le Sick Leave Act 2022 précise que le service accompli avant une rupture est réputé continu avec celui accompli après elle lorsque le salarié redevient salarié du même employeur dans les vingt-six semaines. Il écarte enfin ses propres obligations à l’égard de l’employeur qui offre à ses salariés un régime de congé de maladie dont les termes confèrent, sur la période de référence que ce régime définit, des avantages globalement plus favorables au salarié que le congé de maladie légal.

La Workplace Relations Commission a été établie le 1er octobre 2015 par le Workplace Relations Act 2015. La loi lui confie, en plus des autres fonctions qu’elle lui attribue par ailleurs, la promotion de l’amélioration et du maintien des relations de travail, la promotion du respect des textes applicables, l’information du public sur la législation de l’emploi, la conduite ou la commande de recherches et le conseil du ministre, et elle prévoit que la Commission est indépendante dans l’exercice de ses fonctions. La même loi désigne à son annexe 5 les dispositions et les textes dont la méconnaissance alléguée peut être soumise à un adjudication officer, annexe elle-même modifiée par des instruments postérieurs, tandis que les demandes fondées sur le licenciement abusif suivent la voie propre de l’article 8(1) de l’Unfair Dismissals Act 1977.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil juridique. La qualification d’un contrat de travail et l’articulation entre une convention collective et les minima légaux relèvent d’un professionnel qualifié, avocat en droit du travail.

6. Enregistrer sa permission d’immigration, obtenir la carte IRP et le numéro PPS

L’essentiel

  • L’enregistrement de la permission d’immigration est une obligation distincte du visa et de la permission d’entrer, ces deux démarches ne valant pas enregistrement. Il concerne les personnes venant de l’extérieur de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse qui ont l’intention de résider en Irlande plus de 90 jours, les deux conditions étant cumulatives, et le critère porte sur l’intention de résider, non sur un séjour effectivement accompli. La personne non résidente dans l’État qui s’y trouve depuis trois mois au plus depuis sa dernière arrivée en est dispensée, ces deux branches étant elles aussi cumulatives.
  • Deux durées de 90 jours coexistent sans se confondre. La première est la durée de séjour envisagée qui fait entrer dans le champ de l’obligation, la seconde est le délai laissé pour accomplir l’enregistrement. Ce délai est énoncé de trois manières rattachées à des événements différents, 90 jours à compter de l’arrivée en Irlande, 90 jours à compter de l’octroi de la permission pour obtenir la carte, et 90 jours sans événement de départ précisé, tandis que la loi retient trois mois, soit une autre unité que le jour. Aucune de ces formulations n’est tranchée par rapport aux autres. Une fois la permission accordée, l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous dans ce délai n’entraîne ni annulation de la permission ni obligation de quitter le pays dans l’attente.
  • Depuis le 13 janvier 2025, l’enregistrement de tous les demandeurs en République d’Irlande est assuré par le service d’immigration et n’est plus assuré par le bureau national de l’immigration de la police. Le premier enregistrement de tous les résidents est effectué par ce service, dont le bureau d’enregistrement se trouve 13-14 Burgh Quay, Dublin 2. Le rendez-vous comprend l’examen des documents ainsi que la prise de la photographie et des empreintes digitales, étant précisé que les empreintes ne sont exigibles que si l’agent d’enregistrement les demande. Tout autre élément demandé par cet agent doit être fourni, la liste des pièces n’étant pas close.
  • Aucun droit n’est dû pour la prise de rendez-vous. Un droit d’enregistrement peut être demandé pour le cachet et dépendra du type de permission accordée. Un montant de 300 EUR est prescrit depuis le 5 septembre 2025, avec douze catégories de personnes exonérées, dont deux seulement sont nommées ici, les personnes de moins de 18 ans au moment de l’enregistrement et les conjoints ou partenaires civils d’un citoyen irlandais, les dix autres catégories n’étant pas énumérées.
  • Lors du passage au bureau d’enregistrement, un seul cachet est accordé parmi les huit énumérés, Stamp 1, Stamp 1H, Stamp 1A, Stamp 1G, Stamp 2 (2A), Stamp 3, Stamp 4 et Stamp 4D, tandis que Stamp 0 et Stamp 5 figurent hors de cette énumération parce qu’ils supposent une demande et une permission antérieures à l’enregistrement. Chaque catégorie détermine les conditions de résidence dans l’État, il n’y a pas de régime de résidence uniforme. Le certificat d’enregistrement prend la forme d’une carte au format d’une carte de paiement portant cinq mentions nominatives, nom, signature, photographie, date de naissance et numéro d’enregistrement, une brève description de la permission avec le numéro de cachet, et une puce contenant une copie de la photographie, les empreintes et les données personnelles. Cette carte n’est pas une carte d’identité, elle ne confère aucun droit nouveau ni aucune prestation nouvelle et elle ne permet ni de voyager librement vers d’autres pays de l’Union européenne ni d’y vivre, l’ensemble des règles internationales de voyage et d’immigration continuant de s’appliquer.
  • Le numéro personnel de service public est attribué et délivré par le ministère chargé de la protection sociale, qui peut l’attribuer et le délivrer à une personne faisant l’objet d’une transaction avec un organisme désigné, ce qui relève d’une faculté et non d’un droit automatique. Il comporte sept chiffres suivis d’une ou deux lettres, et la demande suppose une preuve d’identité, une preuve d’adresse de moins de trois mois et le motif de la demande, les motifs admis étant donnés à titre d’exemples. Une preuve d’adresse de trois mois ou plus ne satisfait pas la condition. Du côté fiscal, la retenue s’opère sur la base d’urgence, à défaut des crédits et de la tranche propres au salarié, tant que l’employeur n’a pas reçu le numéro ou que l’emploi n’a pas été enregistré auprès de l’administration fiscale. Le premier emploi occupé dans l’État est enregistré par le salarié lui-même depuis son compte en ligne, les emplois suivants par l’employeur, et les emplois occupés hors de l’État sont hors champ.

Les catégories de cachets

Lors du passage au bureau d’enregistrement, l’un des cachets suivants est accordé : Stamp 1, Stamp 1H, Stamp 1A, Stamp 1G, Stamp 2 (2A), Stamp 3, Stamp 4 et Stamp 4D. Deux autres catégories, Stamp 0 et Stamp 5, supposent une demande et une permission préalables à l’enregistrement. Chaque catégorie détermine les conditions de résidence dans l’État.

Le numéro PPS

Le numéro Personal Public Service (PPS) est attribué et délivré par le ministère de la Protection sociale. Il comporte sept chiffres suivis d’une ou deux lettres. La demande suppose une preuve d’identité, une preuve d’adresse de moins de trois mois et le motif de la demande. Du côté fiscal, l’employeur ne peut obtenir de Revenue Payroll Notification qu’à deux conditions cumulatives, avoir reçu le numéro PPS du salarié et que l’emploi ait été enregistré auprès de Revenue : à défaut, la retenue s’opère sur la base d’urgence plutôt que sur les crédits et la tranche propres au salarié. Le premier emploi occupé dans l’État est enregistré par le salarié via myAccount, les emplois suivants l’étant par l’employeur.

Le détail des textes et des sources

L’enregistrement de la permission d’immigration est une obligation distincte du visa et de la permission d’entrer. Son support légal est l’article 9 de l’Immigration Act 2004, qui établit un registre des non-nationaux titulaires d’une permission de se trouver dans l’État. Sur sa page consacrée au premier enregistrement, ISD énonce le champ de cette obligation par exclusion, dans une formulation à quatre branches : une personne venant de l’extérieur de l’Union européenne, de l’EEE, du Royaume-Uni ou de la Suisse, et qui a l’intention de résider en Irlande plus de 90 jours, doit enregistrer une permission de séjour auprès d’ISD. Deux chiffres de 90 jours coexistent dans ce paragraphe et ne se confondent pas : le premier est le seuil qui déclenche l’obligation, c’est-à-dire la durée de séjour envisagée, le second est le délai pour l’accomplir.

Ce délai est énoncé de trois manières par ISD, rattachées à trois événements différents, et la loi retient encore une autre unité. La page consacrée au premier enregistrement, mise à jour le 10 janvier 2025, écrit que la permission doit être enregistrée dans les 90 jours de l’arrivée en Irlande. La page consacrée à la carte IRP, mise à jour le 22 avril 2026, écrit qu’une fois la permission accordée, elle doit être enregistrée dans les 90 jours pour obtenir la carte, et ajoute que l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous dans ce délai n’entraîne ni annulation de la permission ni obligation de quitter le pays dans l’attente. La page consacrée aux cachets, mise à jour le 5 juin 2026, écrit qu’une permission de séjour doit être enregistrée auprès d’ISD dans les 90 jours. L’article 9(6) de la loi, lui, écarte de l’obligation d’enregistrement le non-national non résident dans l’État qui s’y trouve depuis trois mois au plus depuis sa dernière arrivée, ces deux branches étant cumulatives.

Sur l’auteur de l’enregistrement, ISD indique que depuis le 13 janvier 2025 l’enregistrement de tous les demandeurs en République d’Irlande lui est transféré et n’est plus assuré par le Garda National Immigration Bureau, et que le premier enregistrement de tous les résidents est effectué par ISD, dont le bureau d’enregistrement se trouve 13-14 Burgh Quay à Dublin 2. Le rendez-vous comprend l’examen des documents ainsi que la prise de la photographie et des empreintes digitales, la deuxième annexe de la loi de 2004 rendant pour sa part les empreintes exigibles seulement si l’agent d’enregistrement les demande, et prévoyant à son point 12 que tout autre élément demandé par cet agent doit être fourni. Sur les droits à acquitter, ISD écrit qu’aucun droit n’est dû pour la prise de rendez-vous, mais qu’un droit d’enregistrement peut être demandé pour le cachet, qu’il pourrait s’élever à 300 € et qu’il dépendra du type de permission accordée. Les Immigration Act 2004 (Registration Certificate Fee) Regulations 2025 (S.I. No. 421 of 2025), en vigueur depuis le 5 septembre 2025, prescrivent un montant de 300 € et en exonèrent douze catégories de personnes, dont celles qui, au moment de l’enregistrement, ont moins de 18 ans ou sont conjoint ou partenaire civil d’un citoyen irlandais.

La carte Irish Residence Permit est le certificat d’enregistrement. ISD la décrit comme une carte au format d’une carte de paiement portant le nom, la signature, la photographie, la date de naissance et le numéro d’enregistrement du titulaire, une brève description de sa permission avec le numéro de cachet, et une puce contenant une copie de la photographie, des empreintes et des données personnelles. La même page énonce ce que la carte n’est pas, et ces limites sont celles de l’État irlandais lui-même : une carte IRP n’est pas une carte d’identité, elle ne confère aucun droit ni aucune prestation nouvelle, et elle ne permet ni de voyager librement vers d’autres pays de l’Union européenne ni d’y vivre, l’ensemble des règles internationales de voyage et d’immigration continuant de s’appliquer.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent ni un conseil en immigration au sens légal ni un conseil fiscal. L’identification du cachet applicable à une permission donnée et des formalités qui s’y rattachent relève d’un professionnel qualifié, avocat en droit de l’immigration, et le traitement fiscal de la prise d’emploi relève d’un avocat fiscaliste ou d’un expert-comptable.

7. Cadre fiscal à l’arrivée : résidence, domicile et conventions

L’essentiel

  • Résidence fiscale : l’année d’imposition va du 1er janvier au 31 décembre, et la résidence se détermine par la présence en Irlande au cours de cette année d’imposition. Deux tests alternatifs existent : 183 jours ou plus au cours de l’année d’imposition, ou 280 jours ou plus en cumulant l’année en cours et l’année précédente. Une présence de 30 jours ou moins au cours d’une année d’imposition ne rend pas résident à ce titre, cette limite gouvernant le test des 280 jours et non celui des 183 jours. Depuis l’année d’imposition 2009, une journée compte dès lors que la personne se trouve en Irlande à un moment quelconque de cette journée.
  • Résidence ordinaire : ce statut, distinct de la résidence, s’acquiert après trois années d’imposition consécutives de résidence et prend effet au début de la quatrième année d’imposition ; il cesse après trois années d’imposition consécutives de non-résidence. La personne non résidente mais ordinairement résidente est imposable sur ses revenus mondiaux, sous trois exceptions, aucune autre catégorie de revenus n’échappant à cette imposition : les revenus d’un commerce ou d’une profession dont aucune partie n’est exercée en Irlande ; les revenus d’une fonction ou d’un emploi dont toutes les tâches sont exercées hors d’Irlande, l’exercice de tâches en Irlande pendant moins de 30 jours au cours d’une année d’imposition pouvant généralement y être regardé comme accessoire ; les autres revenus de source étrangère n’excédant pas 3 810 euros, le dépassement de ce montant rendant l’ensemble imposable et non le seul excédent. Ce montant ne gouverne que cette troisième exception.
  • Domicile : le domicile désigne le fait de vivre dans un pays avec l’intention d’y demeurer de façon permanente, et se distingue de la résidence comme de la résidence ordinaire. Chacun a un domicile d’origine à la naissance et le conserve tant qu’il n’acquiert pas un nouveau domicile, ce qui suppose de démontrer deux éléments cumulatifs : l’intention de vivre de façon permanente dans le nouveau pays et l’absence d’intention de retourner vivre dans le pays du domicile d’origine. La personne qui ne démontre pas ces deux éléments, ou qui conserve l’intention de retour, conserve son domicile d’origine.
  • Salarié qui arrive : l’impôt est prélevé selon le système Pay As You Earn, après obtention d’un numéro PPS, et le salarié acquitte normalement trois prélèvements sur ses revenus d’emploi : l’impôt sur le revenu, la Pay Related Social Insurance et l’Universal Social Charge. Ce cadre est décrit pour le salarié et pour ses seuls revenus d’emploi. Les taux et les tranches ne sont pas repris ici : ils figurent dans la foire aux questions de cette fiche.
  • Remittance basis : pour les revenus de valeurs mobilières et de biens étrangers, le calcul de droit commun retient le montant total des revenus nés dans l’année d’imposition, qu’ils aient été rapatriés ou non ; par dérogation, l’impôt est calculé sur le montant total des sommes effectivement reçues en Irlande au cours de l’année d’imposition, de sorte que l’assiette suit le rapatriement des fonds. Ce régime vise les seules personnes qui ne sont pas domiciliées en Irlande, pour leurs revenus de valeurs mobilières et de biens étrangers, sous réserve de certaines exceptions. Depuis le 1er janvier 2006, il ne s’applique pas à la part d’un emploi de source étrangère correspondant aux fonctions exercées en Irlande ; il demeure disponible sur la part correspondant aux fonctions exercées hors d’Irlande lorsque celle-ci est imposable en Irlande.
  • Année scindée : ce traitement ne porte que sur les revenus d’emploi et suppose trois conditions cumulatives : être résident en Irlande l’année de l’arrivée, ne pas l’avoir été l’année précédente et l’être l’année suivante. Les revenus d’emploi perçus à l’étranger plus tôt dans l’année d’arrivée sont alors ignorés pour l’impôt irlandais. Depuis le 1er janvier 2026, le régime peut être auto-évalué dans la déclaration de revenus pour les personnes arrivées en Irlande à compter du 1er janvier 2025 ; les personnes arrivées avant cette date relèvent d’une autre voie.

Imposition sur la base des sommes rapatriées (remittance basis)

Ce régime, que la législation irlandaise appelle remittance basis, déroge au mode de calcul de droit commun. L’article 70(2) du Taxes Consolidation Act 1997 veut que les revenus imposables au titre du Case III de la Schedule D soient calculés sur le montant total des revenus nés dans l’année d’imposition, qu’ils aient été rapatriés ou non. L’article 71(3) de la même loi y déroge: l’impôt est alors calculé sur le montant total des sommes effectivement reçues dans l’État au cours de l’année d’imposition, et non sur les revenus nés dans cette année, de sorte que l’assiette suit le rapatriement des fonds vers l’Irlande. Le manuel de Revenue Tax and Duty Manual Part 05-01-21A énonce les conditions de ce régime: il s’applique aux seules personnes qui ne sont pas domiciliées dans l’État et, sous réserve de certaines exceptions qu’il signale lui-même, aux revenus de valeurs mobilières et de biens étrangers imposables au titre du Case III de la Schedule D. Ses deux volets se lisent ensemble. Depuis le 1er janvier 2006, la part d’un emploi de source étrangère correspondant à l’exercice des fonctions dans l’État est imposable en Schedule E et relève du prélèvement à la source, de sorte que la remittance basis ne peut pas s’y appliquer. La part correspondant à l’exercice des fonctions hors de l’État demeure, lorsqu’elle est imposable dans l’État, imposable au titre du Case III de la Schedule D, et la remittance basis est disponible sur cette part.

Traitement de l’année scindée (split-year treatment)

Ce régime ne porte que sur les revenus d’emploi. Trois conditions cumulatives : être résident en Irlande l’année de l’arrivée, ne pas l’avoir été l’année précédente et l’être l’année suivante. Les revenus d’emploi perçus à l’étranger plus tôt dans l’année d’arrivée sont alors ignorés pour l’impôt irlandais. Depuis le 1er janvier 2026, le régime peut être auto-évalué dans la déclaration de revenus, pour les personnes arrivées dans l’État à compter du 1er janvier 2025.

Le détail des textes et des sources

La résidence fiscale se détermine par la présence en Irlande au cours d’une année d’imposition, qui court du 1er janvier au 31 décembre. Revenue énonce deux tests alternatifs : 183 jours ou plus au cours d’une année d’imposition, ou 280 jours ou plus en cumulant l’année d’imposition en cours et l’année précédente. Une personne présente 30 jours ou moins au cours d’une année d’imposition n’est pas résidente à ce titre, et cette limite gouverne le second test et non le premier, ce que la loi rend explicite en ouvrant l’article 819(2) du Taxes Consolidation Act 1997 par les mots nonobstant le paragraphe (1)(b). Depuis l’année d’imposition 2009, une personne est réputée présente pour une journée dès lors qu’elle se trouve dans l’État à un moment quelconque de cette journée. Revenue admet par ailleurs qu’une personne qui n’atteint pas ces seuils choisisse d’être traitée comme résidente pour l’année de son arrivée, à deux conditions cumulatives, arriver avec l’intention d’être résidente l’année suivante et, sauf circonstances imprévues, l’être effectivement. Le choix est notifié par écrit et le manuel de Revenue précise qu’aucune disposition n’en prévoit le retrait.

La résidence ordinaire est un statut distinct, fondé sur un rythme de résidence. Une personne résidente trois années d’imposition consécutives devient ordinairement résidente à compter du début de la quatrième, et elle cesse de l’être après trois années d’imposition consécutives de non-résidence. Une personne non résidente mais ordinairement résidente est imposable sur ses revenus mondiaux, à trois exceptions que Revenue énonce en les fermant : les revenus d’un commerce ou d’une profession dont aucune partie n’est exercée en Irlande, les revenus d’une fonction ou d’un emploi dont toutes les tâches sont exercées hors d’Irlande, le manuel de Revenue précisant que l’exercice de tâches dans l’État pendant moins de 30 jours dans une année d’imposition peut généralement être regardé comme accessoire, et les autres revenus de source étrangère n’excédant pas 3 810 €, le dépassement de ce montant rendant l’ensemble imposable. Le domicile, que Revenue présente comme une notion de droit commun, désigne le fait de vivre dans un pays avec l’intention d’y demeurer de façon permanente. Chacun a un domicile d’origine à la naissance et le conserve tant qu’il n’acquiert pas un nouveau domicile, ce qui suppose de démontrer deux éléments cumulatifs, l’intention de vivre de façon permanente dans le nouveau pays et l’absence d’intention de retourner vivre dans le pays du domicile d’origine.

Revenue publie enfin le réseau conventionnel irlandais : des conventions fiscales générales signées avec 78 pays, dont 75 en vigueur, couvrant les impôts directs qui sont, pour l’Irlande, l’impôt sur le revenu, l’Universal Social Charge, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur les plus-values. Chaque partenaire a sa page dans un répertoire classé par lettre, la France y figurant comme l’un des partenaires parmi d’autres, aux côtés notamment de l’Allemagne, de l’Inde, du Japon et des États-Unis, et Revenue intitule l’instrument franco-irlandais une convention. La même administration décrit le cadre général applicable au salarié qui arrive : l’impôt est prélevé selon le système Pay As You Earn, et Revenue renvoie à l’obtention préalable d’un numéro PPS, en indiquant que le salarié acquitte normalement l’impôt sur le revenu, la Pay Related Social Insurance et l’Universal Social Charge sur ses revenus d’emploi. Les taux et les tranches ne sont pas repris ici : ils figurent dans la foire aux questions de cette fiche.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil fiscal. La détermination de la résidence fiscale, du domicile et de l’articulation avec une convention fiscale relève d’un professionnel qualifié, avocat fiscaliste ou expert-comptable.

Secteurs clés & salaires en Irlande

Les fourchettes présentées sont indicatives et correspondent aux packages expatriés proposés par les entreprises internationales (salaire + logement + avantages).

Tech & Numérique
€55 000 - €130 000
Dublin (Silicon Docks)
Pharma & Sciences de la vie
€50 000 - €120 000
Dublin, Cork, Limerick
Finance & Fintech
€55 000 - €140 000
Dublin (IFSC)
Médical & Dispositifs médicaux
€45 000 - €100 000
Galway, Dublin, Cork
Marketing & Ventes Europe
€40 000 - €90 000
Dublin
Agroalimentaire & Produits laitiers
€35 000 - €75 000
Cork, Tipperary, Kilkenny

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Visa, résidence, investissement immobilier, fiscalité : notre équipe peut partager des éléments sur le contexte de votre projet et vous orienter vers les professionnels indépendants compétents (avocats, fiscalistes, agents immobiliers) selon votre situation. Premier entretien sans engagement.

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Culture professionnelle

Les bons réflexes en Irlande

Maîtrisez le « craic » : apprenez quelques expressions irlandaises et montrez votre intérêt pour la culture locale

Allez au pub avec vos collègues au moins une fois par semaine, car c’est là que se construit la confiance

Pratiquez l’auto-dérision, car rire de soi-même est le meilleur passeport pour l’intégration en Irlande

Racontez des histoires en réunion, car le storytelling est un outil de crédibilité puissant

Soyez chaleureux et accessible avec tous, car l’égalité et l’authenticité sont des valeurs non négociables

Dimensions culturelles en Irlande

Comprendre les codes culturels professionnels pour réussir votre intégration en Irlande.

Chaque dimension situe le pays sur une échelle de 0 à 8 entre ses deux pôles. Cadre d’analyse et sources : notre méthodologie.

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Communication

Une communication directe enveloppée de chaleur, d’humour et de storytelling
Bas contexte (explicite)Haut contexte (implicite)

La communication irlandaise est plus chaleureuse et directe que la britannique, mais reste enrobée d’humour et de convivialité. Le « craic » (ce mélange de bonne ambiance, de conversation animée et d’humour) est une valeur centrale de la culture irlandaise, y compris au travail. Les Irlandais sont des conteurs nés : les anecdotes, les métaphores et les histoires sont des outils de communication aussi légitimes en salle de réunion qu’au pub. L’auto-dérision est un art national et le meilleur moyen de créer du lien. Le small talk est plus personnel et chaleureux qu’au Royaume-Uni : les Irlandais s’intéressent sincèrement à vous en tant que personne. Pour un Français, le défi est d’adopter cette spontanéité chaleureuse tout en apprenant à décoder les messages indirects cachés sous l’humour.

À faire

  • Investissez dans le small talk chaleureux : les Irlandais veulent connaître la personne derrière le professionnel
  • Utilisez le storytelling pour illustrer vos idées : une bonne histoire vaut mille slides
  • Pratiquez l’auto-dérision : se moquer de soi-même est le passeport pour l’intégration

À éviter

  • Ne soyez pas froid ou purement transactionnel, car les Irlandais ont besoin de connexion humaine
  • Évitez de sauter le small talk pour aller droit au sujet, car c’est perçu comme impoli et arrogant
  • Ne vous prenez pas trop au sérieux, car la prétention est le péché capital en Irlande

Scénario concret

Un expatrié français ouvre chaque réunion par ses slides sans préambule. Ses collègues irlandais restent polis mais distants. Un mentor local lui conseille de commencer par une anecdote sur son week-end ou une blague sur la pluie dublinoise. Dès qu’il adopte ce style, la dynamique change : les discussions sont plus ouvertes et les décisions se prennent plus naturellement.

En savoir plus sur la dimension Communication →
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Feedback

Un feedback bienveillant et indirect : décodez les « it’s grand »
Feedback directFeedback indirect

Le feedback irlandais est indirect et enrobé de bienveillance. Les critiques sont rarement formulées de front : elles arrivent sous forme de suggestions, de questions ou d’humour. L’expression « Ah sure, it’s grand » est emblématique : elle peut signifier aussi bien « tout va bien » que « il y a un problème mais je ne veux pas en faire un drame ». La préservation de la relation et de l’harmonie sociale prime sur la clarté du message. Pour un Français habitué à la critique directe, le risque est de ne pas percevoir les signaux d’alerte ou de choquer ses collègues avec un feedback trop brutal.

À faire

  • Décodez les formulations atténuées : « maybe we could tweak » signifie souvent « il faut retravailler en profondeur »
  • Formulez vos critiques comme des suggestions positives en commençant par le positif
  • Utilisez l’humour pour faire passer un message difficile : c’est la méthode irlandaise

À éviter

  • Ne critiquez jamais quelqu’un frontalement, surtout en public, car c’est dévastateur
  • Évitez les formulations catégoriques (« c’est faux », « c’est nul ») même en privé
  • Ne prenez pas un « it’s grand » au pied de la lettre : creusez délicatement pour obtenir le vrai retour

Scénario concret

Un manager irlandais dit : « That’s a great start. Maybe we could just look at a couple of things? » Son collaborateur français pense que seuls des ajustements mineurs sont nécessaires. En réalité, le document doit être substantiellement retravaillé. Après cette expérience, il apprend à poser la question : « Can you walk me through the specific areas? » pour obtenir un feedback plus précis.

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3/8

Persuasion

Pragmatisme et storytelling : une bonne histoire vaut mille théories
Principes d’abordApplications d’abord

La persuasion en Irlande combine le pragmatisme anglo-saxon avec un art du récit hérité de la riche tradition littéraire irlandaise. Les faits et les chiffres sont importants, mais une histoire bien racontée emporte l’adhésion bien plus qu’un tableau Excel. L’approche théorique française déroute les Irlandais qui veulent savoir rapidement « what’s in it for us? ». Dans l’écosystème tech de Dublin, les présentations sont concises, orientées action et souvent informelles. L’humour en présentation n’est pas un bonus mais presque une attente culturelle. Un orateur qui ne sait pas rire de lui-même perd en crédibilité.

À faire

  • Illustrez chaque argument clé par une histoire concrète ou un témoignage : le storytelling est roi
  • Commencez par l’impact concret et le résultat attendu, pas par le cadre théorique
  • Ajoutez de l’humour ou une anecdote percutante pour capter l’attention

À éviter

  • Ne commencez jamais par un cadre théorique détaillé, car vous perdrez votre audience en 3 minutes
  • Évitez les présentations trop formelles et académiques, car l’informalité est la norme
  • Ne misez pas sur vos diplômes ou votre pédigré comme argument d’autorité : seuls les résultats comptent

Scénario concret

Un cadre français présente un projet d’investissement avec 25 slides de contexte macroéconomique et de modèles théoriques. L’audience dublinoise décroche. Il restructure autour de trois success stories de clients avec des résultats chiffrés, ouvre par une anecdote amusante sur sa première erreur en Irlande, et obtient le feu vert en une seule réunion.

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Direction

Égalitaire et humain : le manager est un pair accessible, pas un chef distant
ÉgalitaireHiérarchique

Le leadership irlandais est profondément égalitaire. Le prénom est utilisé dès la première rencontre, quel que soit le niveau hiérarchique. Le bon manager irlandais est un « people person » accessible qui connaît son équipe personnellement et crée un environnement chaleureux. Les racines communautaires irlandaises se reflètent dans un management où chacun a voix au chapitre. L’autorité se légitime par la compétence, l’empathie et le fair-play, jamais par le titre ou le diplôme. Le management par la peur ou le micro-management sont particulièrement mal perçus dans une culture qui valorise la confiance et l’autonomie.

À faire

  • Utilisez le prénom dès le premier jour, car le formalisme crée de la distance inutile
  • Soyez accessible et chaleureux : déjeunez avec votre équipe, intéressez-vous à leurs vies
  • Déléguez avec confiance et valorisez l’initiative de chacun

À éviter

  • Ne faites jamais étalage de votre statut, vos diplômes ou votre école, car c’est rédhibitoire
  • Évitez le micro-management : il est perçu comme un manque de confiance profond
  • Ne prenez pas de décisions unilatérales sans consulter les personnes concernées

Scénario concret

Un directeur français débarque à Dublin et demande à son assistante de l’appeler « Monsieur Dupont ». L’équipe irlandaise trouve cela bizarre et crée immédiatement une distance. Son homologue irlandais, directeur général adjoint, fait lui-même le café et discute GAA avec le stagiaire. Le Français comprend vite que l’accessibilité n’est pas un signe de faiblesse mais la norme culturelle.

En savoir plus sur la dimension Direction →
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Décision

Consultation rapide puis action : pragmatisme et « test and learn »
ConsensusTop-down

La prise de décision irlandaise est pragmatique et collaborative. Le manager consulte largement, y compris les profils juniors, puis tranche avec détermination. La culture start-up très présente à Dublin a renforcé l’approche itérative : on teste, on mesure, on ajuste. Les Irlandais sont à l’aise avec l’incertitude et préfèrent un pilote rapide à une analyse exhaustive. Contrairement au modèle français où les décisions sont longuement débattues puis parfois contestées, en Irlande une fois la décision prise, on avance ensemble.

À faire

  • Sollicitez l’avis de tous, y compris les plus juniors : chaque voix compte en Irlande
  • Proposez des pilotes ou MVP pour tester rapidement plutôt que d’analyser indéfiniment
  • Soyez prêt à exécuter dès que la décision est prise, car la rapidité est valorisée

À éviter

  • Ne prolongez pas la phase d’analyse, car les Irlandais veulent avancer concrètement
  • Évitez de remettre en question une décision déjà validée par le groupe
  • Ne décidez jamais de manière unilatérale sans consulter, car c’est perçu comme autoritaire

Scénario concret

Un chef de projet français demande trois semaines pour compléter une étude de faisabilité. Son équipe irlandaise propose de lancer un pilote sur un périmètre réduit la semaine suivante. Le pilote révèle des problèmes inattendus que l’étude n’aurait pas identifiés, et permet d’ajuster la stratégie en temps réel.

En savoir plus sur la dimension Décision →
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Confiance

La confiance se construit au pub autant qu’au bureau : la relation compte
Orientée tâcheOrientée relation

L’Irlande se situe davantage côté relationnel que le Royaume-Uni. La confiance se bâtit à travers les interactions sociales, les conversations informelles et le temps passé ensemble en dehors du cadre strictement professionnel. Le pub est une institution : c’est l’espace où se forgent les alliances, où circulent les informations clés et où se prennent certaines décisions officieuses. Les Irlandais sont naturellement accueillants et chaleureux avec les nouveaux venus, mais la confiance profonde se gagne dans la durée par la régularité et la fiabilité. Le réseau personnel est fondamental : en Irlande, pays de 5,46 millions d’habitants en 2025, « tout le monde connaît tout le monde ».

À faire

  • Participez au pub régulièrement, car c’est l’espace principal de construction de la confiance
  • Montrez un intérêt sincère pour le GAA, la musique irlandaise et la culture locale
  • Tenez scrupuleusement vos engagements : la parole donnée est sacrée

À éviter

  • Ne refusez pas systématiquement les invitations sociales, car vous vous coupez du réseau
  • Évitez le « corporate speak » impersonnel, car les Irlandais valorisent l’authenticité
  • Ne sous-estimez pas le réseau informel, car dans un petit pays, votre réputation circule vite

Scénario concret

Un expatrié français se concentre exclusivement sur ses performances au bureau et évite les sorties sociales. Malgré d’excellents résultats, il est passé pour une promotion au profit d’un collègue moins performant mais mieux intégré socialement. En investissant dans les relations au pub et en rejoignant l’équipe de GAA du bureau, il découvre un réseau de soutien qui accélère sa carrière.

En savoir plus sur la dimension Confiance →
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Désaccord

Désaccord indirect et humoristique : on dit les choses mais avec le sourire
ConfrontationÉvitement

Les Irlandais évitent la confrontation directe et préfèrent exprimer leurs désaccords par l’humour, les questions rhétoriques ou les anecdotes. La préservation de l’harmonie sociale est une priorité culturelle. Un « Ah, I’m not sure about that now » est un désaccord ferme. Un « That’s an interesting way to look at it » peut signifier un rejet. Le débat passionné à la française, avec ses éclats de voix et ses oppositions frontales, est perçu comme agressif et inapproprié. Cependant, dans un cadre privé et décontracté, les Irlandais peuvent être étonnamment francs. Le pub est souvent l’espace où les vrais désaccords se règlent.

À faire

  • Exprimez vos désaccords sous forme de questions : « Have we considered the risk of...? »
  • Utilisez l’humour pour dédramatiser un désaccord : c’est la voie irlandaise
  • Réservez les désaccords importants pour les conversations en aparté ou au pub

À éviter

  • Ne haussez jamais le ton en réunion, car c’est socialement rédhibitoire en Irlande
  • Évitez les oppositions frontales (« Non », « C’est faux ») qui brisent l’harmonie du groupe
  • Ne confondez pas l’évitement du conflit avec l’absence d’opinion : les Irlandais ont des avis forts, qu’ils expriment différemment

Scénario concret

Lors d’un comité à Dublin, un cadre français déclare : « Cette stratégie ne peut pas fonctionner, les chiffres sont clairs. » Malaise autour de la table. Son collègue irlandais reformule le même désaccord : « Interesting angle. Sure, didn’t we try something similar last year? How did that work out for us? » Le message passe en douceur, avec un sourire, et sans mettre personne sur la défensive.

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Temps

Flexibilité chaleureuse : ponctuel dans la tech, plus souple ailleurs
Temps linéaireTemps flexible

Le rapport au temps en Irlande est plus flexible que chez les voisins britanniques ou allemands. Le concept d’« Irish time » est une réalité : un léger retard de 5 à 10 minutes est généralement toléré et ne sera pas relevé. Les réunions commencent par un temps informel significatif qui n’est pas du temps perdu mais un investissement relationnel. Cependant, dans les multinationales tech de Dublin (Google, Meta, etc.), les standards sont plus proches du modèle américain et la ponctualité est strictement attendue. Le work-life balance est valorisé et la culture du présentéisme est clairement rejetée.

À faire

  • Prévoyez du temps informel en début de réunion, car c’est un investissement relationnel attendu
  • Adaptez-vous au contexte : multinationale tech = strict, PME locale = plus souple
  • Respectez le work-life balance de vos collègues : pas d’emails le soir ou le week-end

À éviter

  • Ne jugez pas un léger retard comme un manque de professionnalisme, car c’est culturel
  • Évitez les réunions trop rigides sans espace pour l’informel, car les Irlandais en ont besoin
  • Ne glorifiez pas les longues heures de travail : les Irlandais valorisent l’efficacité, pas le présentéisme

Scénario concret

Un manager français impose des réunions de 30 minutes chronométrées sans temps informel. Son équipe irlandaise se sent brusquée et les décisions prises sont mal appliquées. En passant à des créneaux de 45 minutes avec 10 minutes de conversation informelle en début, il constate que l’adhésion de l’équipe augmente et que les projets avancent plus vite.

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Les faux pas à éviter

Vous insistez pour qu’on vous appelle par votre titre (« Monsieur le Directeur ») et maintenez une distance formelle avec votre équipe.

L’Irlande est profondément égalitaire. Insister sur les titres est perçu comme de l’arrogance pure. Les Irlandais se méfient instinctivement de quiconque se place au-dessus des autres. Vous serez immédiatement étiqueté comme prétentieux et déconnecté, et votre équipe se fermera.

À privilégier : Utilisez votre prénom dès le premier jour. Déjeunez avec votre équipe, participez au café du matin, partagez une anecdote personnelle. L’accessibilité est la première qualité d’un leader en Irlande.

Vous critiquez directement le travail d’un collègue en réunion : « Ce rapport est vraiment mal fait, il faut tout reprendre. »

La critique directe en public est un tabou majeur en Irlande. Votre collègue perdra la face devant ses pairs, et vous serez perçu comme cruel et sans savoir-vivre. Dans un petit pays où les réputations circulent vite, ce type d’incident peut avoir des conséquences durables.

À privilégier : En réunion, restez positif : « Great foundations here. » Puis en privé, suggérez : « I was thinking, maybe we could strengthen a few sections? Fancy a coffee to go through it together? » Le feedback passe en douceur et la relation est préservée.

Vous refusez systématiquement d’aller au pub en disant « je préfère travailler » ou « je ne bois pas ».

Le pub est le coeur de la vie sociale irlandaise, y compris professionnelle. En refusant systématiquement, vous vous excluez du réseau informel où se prennent les vraies décisions, où circulent les informations clés et où se construisent les carrières. De plus, suggérer que travailler est plus important que socialiser est mal vu.

À privilégier : Accompagnez vos collègues au pub régulièrement, même pour une boisson non alcoolisée. Personne ne vous jugera sur ce que vous buvez. L’essentiel est d’être présent, de participer aux conversations et de montrer que vous valorisez la relation.

Irlande vs. France : les différences clés

DimensionFrance FranceIrlande Irlande
CommunicationImplicite, contextuelle, rhétoriqueDirecte mais chaleureuse, enrobée d’humour et de storytelling
FeedbackSouvent tranchant ou absentIndirect et bienveillant : décodez les euphémismes
PersuasionCadre théorique d’abord, principes avant applicationsStorytelling et pragmatisme : la bonne histoire emporte l’adhésion
HiérarchieMarquée, importance du statut et des diplômesTrès égalitaire : le prénom dès le premier jour, quel que soit le rang
DécisionLe chef décide, exécution parfois contestéeConsultation rapide puis action : test and learn privilégié
Ponctualité5-10 min de retard tolérés« Irish time » : léger retard accepté, sauf dans les multinationales tech
ConfianceSe construit autour d’un déjeuner ou par affinité intellectuelleSe construit au pub et dans la durée : la relation prime sur la tâche
DésaccordDébat passionné et frontal valoriséDésaccord indirect et humoristique : jamais de confrontation directe en réunion

Conseils pratiques

Votre premier mois dans une entreprise irlandaise

  • Apprenez quelques expressions irlandaises ("craic", "grand", "deadly") : les Irlandais adorent voir les expatriés faire l’effort
  • Allez au pub dès la première invitation : c’est un rituel d’intégration courant
  • Commencez chaque réunion par quelques minutes de small talk chaleureux, même si vous êtes pressé
  • Utilisez le prénom de tout le monde dès le premier jour, du stagiaire au directeur général
  • Observez l’humour local et commencez à pratiquer l’auto-dérision : c’est la clé de l’intégration

Manager une équipe en Irlande

  • Soyez un « people manager » : intéressez-vous sincèrement à la vie de chaque membre de l’équipe
  • Déléguez avec confiance et évitez tout micro-management : il est perçu comme un manque de confiance profond
  • Formulez vos feedbacks négatifs en privé, avec douceur et une touche d’humour si possible
  • Organisez des team lunches et participez aux after-work au pub pour renforcer la cohésion
  • Consultez votre équipe avant de décider : l’approche collaborative est la norme, pas l’exception

Naviguer dans l’écosystème tech de Dublin

  • Repérez la carte des implantations avant de cibler des postes : les technologies à Dublin (Silicon Docks), la finance à Dublin (IFSC), les dispositifs médicaux à Galway, Dublin et Cork, et les sites pharmaceutiques à Dublin, Cork et Limerick
  • Les employeurs technologiques sont concentrés à Dublin : les pages carrières des entreprises et les sites d’emploi sectoriels sont la voie directe
  • Les entretiens sont souvent informels et conversationnels : préparez des anecdotes concrètes plutôt que des discours théoriques
  • Le réseau est fondamental dans ce petit pays : investissez dans les meetups tech et les événements professionnels
  • Préparez-vous au rythme « startup » : rapidité d’exécution, itérations fréquentes et tolérance à l’incertitude

Questions fréquentes

Faut-il parler anglais couramment pour travailler en Irlande ?

Oui, l’anglais est la langue de travail dans la quasi-totalité des entreprises irlandaises et multinationales, et l’accent irlandais peut dérouter au début. L’irlandais (gaélique), langue nationale, est la première langue officielle de l’État et l’anglais la seconde. L’irlandais est peu utilisé dans les entreprises du secteur privé.

Quels sont les salaires réels en Irlande ?

Pour les emplois actifs au moins 50 semaines dans l’année, la rémunération annuelle médiane s’établit à 44 816 € en 2024, en hausse de 3,7 % sur 43 221 € en 2023. Par secteur économique, la médiane atteint 80 147 € dans l’information et la communication et 59 023 € dans les activités financières, d’assurance et immobilières. Sur le logement, le loyer moyen d’un appartement d’une chambre à Dublin ressort à 1 865 € par mois dans les nouvelles locations, contre 1 663 € dans les locations en cours (quatrième trimestre 2025).

L’anglais est-il une langue officielle en Irlande, et qu’est-ce que cela implique dans le marché unique ?

L’Irlande est un État membre de l’Union européenne où l’anglais est une langue officielle : l’irlandais, langue nationale, est la première langue officielle et l’anglais la seconde. Elle n’est pas seule dans ce cas : le maltais et l’anglais sont les langues officielles de Malte, également État membre de l’Union européenne. Concrètement, cette combinaison permet à une entreprise d’opérer depuis le marché unique avec une administration, des contrats et des recrutements en anglais.

Le pub est-il vraiment important pour la carrière professionnelle ?

Oui. Le pub n’est pas simplement un lieu de consommation d’alcool : c’est l’espace social central où se forgent les relations professionnelles, circulent les informations clés et se prennent certaines décisions informelles. Ne jamais y prendre part revient à se tenir à l’écart de ces échanges informels. Les pubs servent des boissons non alcoolisées comme des boissons alcoolisées, de sorte que participer ne suppose pas de consommer de l’alcool.

Comment trouver un logement à Dublin avant d’arriver ?

Daft.ie et Rent.ie sont des plateformes privées d’annonces de locations résidentielles. Ce qui peut être demandé pour obtenir une location est plafonné par la loi : aucun paiement ne peut être exigé pour obtenir une location au-delà d’une avance de loyer n’excédant pas un mois de loyer et d’un dépôt n’excédant pas un mois de loyer, soit deux mois de loyer au total. Pour les logements étudiants, une avance de loyer supérieure n’est possible, par accord, que lorsque le locataire est redevable à la fois de frais de scolarité et d’un loyer envers un même prestataire. Sur les niveaux de prix, le loyer moyen des nouvelles locations à Dublin ressort à 2 232 € par mois tous types de biens confondus, contre 1 755 € au niveau national (quatrième trimestre 2025). Beaucoup de nouveaux arrivants passent par des locations de courte durée ou des colocations pendant les premières semaines, le temps de trouver un logement stable. Rathmines, Ranelagh, Sandymount et Clontarf sont des quartiers résidentiels proches du centre-ville et, pour les deux derniers, du littoral. Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil juridique ; l’application à une situation personnelle relève d’un professionnel qualifié.

Quels décalages culturels ce guide signale-t-il aux Français en Irlande ?

Ce guide en retient quatre : 1) Être trop formel ou distant avec les collègues, dans des environnements où le prénom est utilisé dès la première rencontre quel que soit le rang. 2) Critiquer directement et frontalement, dans un cadre où les critiques sont rarement formulées de front et arrivent sous forme de suggestions, de questions ou d’humour. 3) Négliger la vie sociale (pub, after-work) en se concentrant uniquement sur le travail. 4) Mettre en avant les diplômes et le pedigree académique plutôt que les résultats et les relations de travail.

Quelle est la fiscalité pour un salarié français expatrié en Irlande ?

Trois prélèvements portent sur les revenus d’emploi. L’impôt sur le revenu (Income Tax) : pour 2026, le seuil de la tranche au taux normal est de 44 000 € pour une personne seule sans enfant à charge, imposés à 20 %, le surplus étant imposé à 40 %. L’Universal Social Charge (USC), pour 2026 : 0,5 % sur les premiers 12 012 €, 2 % sur les 16 688 € suivants, 3 % sur les 41 344 € suivants et 8 % au-delà, aucune USC n’étant due lorsque le revenu total est de 13 000 € ou moins. La Pay Related Social Insurance (PRSI) : la PRSI salariale de classe A est de 4,2 % du salaire brut hebdomadaire jusqu’au 30 septembre 2026 et de 4,35 % à compter du 1er octobre 2026, aucune cotisation salariale n’étant due sur un salaire hebdomadaire de 352 € ou moins, et un crédit de PRSI dégressif pouvant atteindre 12 € par semaine, réduit d’un sixième des revenus au-delà de 352,01 €, s’appliquant sur un salaire hebdomadaire compris entre 352,01 € et 424 €. L’impôt sur les sociétés porte sur les entreprises et non sur les salariés : 12,5 % sur les revenus commerciaux, 25 % sur les revenus non commerciaux et sur les revenus des activités qualifiées d’excepted trade, et un taux effectif minimum de 15 % depuis le 31 décembre 2023 pour les groupes dont le chiffre d’affaires annuel consolidé est de 750 millions d’euros ou plus sur au moins deux des quatre exercices précédents. Deux régimes concernent l’année d’arrivée. Le régime dit remittance basis porte sur le mode de calcul de l’assiette : l’impôt est calculé sur le montant total des sommes effectivement reçues dans l’État au cours de l’année d’imposition, et non sur les revenus nés dans l’année, de sorte que l’imposition suit le rapatriement des fonds vers l’Irlande. Il ne vise que les personnes qui ne sont pas domiciliées dans l’État et, sous réserve de certaines exceptions, les revenus de valeurs mobilières et de biens étrangers. Il ne s’applique pas à la part d’un emploi de source étrangère correspondant à l’exercice des fonctions dans l’État, imposable en Schedule E depuis le 1er janvier 2006 ; la part correspondant à l’exercice des fonctions hors de l’État ouvre le bénéfice de la remittance basis. Le traitement de l’année scindée (split-year treatment) ne porte que sur les revenus d’emploi et suppose trois conditions cumulatives : être résident en Irlande l’année de l’arrivée, ne pas l’avoir été l’année précédente et l’être l’année suivante. Sur les doubles impositions, l’Irlande a signé des conventions fiscales générales avec 78 pays, dont 75 en vigueur, couvrant l’impôt sur le revenu, l’Universal Social Charge, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur les plus-values, avec la France, l’Allemagne, l’Inde, le Japon et les États-Unis parmi les pays partenaires. Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil fiscal ; l’application à une situation personnelle relève d’un professionnel qualifié.